Samedi 24 mai 2008

عصفور في اليد احسن من عشرة على الشجرة


3aSfoor  fê  l-yad  aHsan  men  3ashara  3ala  sh-shagara


Un oiseau dans la main vaut mieux que dix sur l'arbre


L'oiseau Benu représenté sur la terrasse supérieure du temple de Denderah.



Ce proverbe égyptien équivaudrait un peu à notre " un tiens vaut mieux que deux tu l'auras " ; mieux vaut se contenter de ce qu'on a, de ce dont on est sûr, que de poursuivre l'inaccessible, ce qui n'est pas certain.




Vocabulaire :

3aSfoor ( arabe classique 3uSfûr ): oiseau. Synonyme : Tayr.
: dans
el-yad : la main
aHsan men : meilleur que
3ashara : dix
3ala : sur
esh-shagara ( arabe classique esh-shajara ) : l'arbre

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Masr - Egypte islamique & actuelle
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Mardi 26 février 2008

Un très intéressant article paru dans le n° 702 d'al-Ahram Hebdo, le journal égyptien francophone en ligne, nous fait aborder un aspect de la vie quotidienne en Egypte : le pain. Il reste l'aliment de base pour de nombreuses familles égyptiennes pauvres. L'Etat égyptien a beau subventionner le pain " baladi * ", les prix flambent et cette denrée de base devient difficile à se procurer pour les habitants les plus modestes des villes. En cause, la hausse du prix du blé, qui a des répercussions mondiales. En Egypte, la situation devient par endroit alarmante.


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On est impressionné, en Egypte, par la dextérité de ces porteurs de pain qui, à pied ou à vélo, se faufilent dans la foule dense des villes avec cet empilement de pains en équilibre sur leur tête.



Vous découvrirez beaucoup de choses dans cet article, qui nous permet d'appréhender le quotidien de la plupart des Egyptiens. Fait culturel signifiant, des traditions abandonnées réapparaissent, comme la fabrication du pain à la maison, ce qui n'est pas simple en ville quand on ne dispose pas du four traditionnel, ou ces femmes de la campagne qui se déplacent de maison en maison pour fabriquer le pain familial. Il nous fait aussi découvrir des différences culturelles entre les régions égyptiennes, comme le pain de Louqsor qu'on laisse lever au soleil.




Enfin, une occasion aussi pour nous d'apprendre un peu de vocabulaire égyptien.

Alors qu'en arabe classique égyptianisé le pain se dit en principe  khobz ( خُبز), les Egyptiens l'appellent plus volontiers  3eysh  ( عَيش ) **, el-3eysh signifiant aussi  " la  vie ", ce qui peut sembler poétique mais surtout en dit long sur l'importance de cet aliment.



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Le 3eysh baladi qu'on rencontre le plus fréquemment, en particulier au Caire.



Le 3eysh baladi, ou khobz baladi, c'est le pain traditionnel égyptien en forme de galette. On appelle plutôt par ce terme le pain acheté en boulangerie, celui qui est suventionné par l'Etat.



Le 3eysh beyti (littéralement " pain domestique / de la maison " ) est celui que l'on confectionne soi-même à la maison (beyt en égyptien). Il est cuit dans le four baladi, un four circulaire en terre.




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Deux types de 3eysh shemsi.



Le 3eysh  shemsi (de shems, le soleil) est un pain traditionnel en Haute-Egypte, de la région de Qena à Aswân, dont on fait lever la pâte au soleil.


La galette de pain traditionnel est appelée reghif.


La khabbaza - on retrouve la racine de khobz dans ce nom - est une femme qui, dans les campagnes, vient dans les maisons pour préparer le pain. L'auteur de l'article constate d'ailleurs que le retour des khabbaza est aussi lié au fait que les femmes avaient perdu l'habitude de préparer elles-mêmes le pain, et le savoir ne s'est donc pas toujours transmis.


Dans une prochaine série d'articles, nous évoquerons l'évolution de la consommation des céréales, et en particulier du pain, de l'Egypte antique à nos jours. L'article d'al-Ahram est une bonne entrée en matière pour l'Egypte d'aujourd'hui.



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* el-balad (transcrit aussi beled ) signifie en arabe dialectal aussi bien le pays que la région, le lieu d'où on est originaire. L'adjectif baladi qualifie donc ce qui est du pays, de la région.

** transcrit aussi eish, eich ou encore aysh.


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Lien :

Si vous voulez poursuivre sur le sujet, voici un lien très intéressant sur les pains traditionnels de l'Egypte contemporaine. Les photos de pains en sont extraites.


par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Masr - Egypte islamique & actuelle
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Jeudi 31 janvier 2008

Le nom même du café est d'origine arabe, on l'ignore souvent : on l'appelle en arabe " qahwa " ( قهوة ), mais c'est par son équivalent turc, "  kahve " , qu'il est passé à l'italien "caffè "et de là au français. En Egypte, son histoire remonte à l'époque mamlûk et il s'est surtout développé à l'époque ottomane. On boit d'ailleurs aujourd'hui encore en Egypte le " café turc ", comme nous allons le voir, différent du café bédouin.



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On ignore encore si le café tire son origine d'Ethiopie, comme le prétend une tradition, ou si on en trouvait à l'origine aussi bien en Ethiopie que dans la Péninsule Arabique. En revanche, les Arabes de la Péninsule le connaissent dès le Moyen Age. C'est au XVe s. , à l'époque mamlûk, que le café est introduit en Egypte et est d'abord réservé à l'élite sociale. Les Mamlûk en contrôlent le commerce, qui se fait depuis le Yémen et l'Arabie à travers la mer Rouge. Après la découverte par les Européens du contournement de l'Afrique par le Cap de Bonne Espérance et l'échec du sultan égyptien el-Ghori à empêcher leur implantation en Inde, il faut trouver un substitut au commerce des épices : ce sera le café, dont la variété la plus appréciée est celle du Yémen. Il transite principalement par l'Egypte, mais aussi par l'intermédiaire de marchands syriens proches du gouverneur ottoman.

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La consommation de café se développe chez les Egyptiens. A tel point que le gouverneur ottoman, Khayer Pasha, consulte des religieux pour savoir si ce breuvage est conforme ou non aux préceptes du Coran, en raison de certains de ses effets. Il tente en vain d'en interdire la consommation, mais le café est si populaire que cette mesure soulève une contestation telle que le pouvoir est contraint de retirer la mesure. Au XVIIe s. , on dénombre au Caire pas moins de 1000 lieux voués à boire le café !


Le café est introduit en Europe vers 1600 par les marchands vénitiens. Le pape essaie d'abord de le faire interdire, puis l'adopte lui-même, en lançant la mode. Mais c'est surtout au milieu du XVIIe s. que le café commence à avoir un grand succès en Europe, assurant une nouvelle prospérité liée à ce commerce en Egypte. Malheureusement, les Occidentaux ne tardent pas à tenter de créer dans leurs colonies leurs propres plantations. Les Anglais sont les premiers à tenter l'expérience dans leur colonie de Ceylan, mais les plants sont atteints d'une maladie et ils les remplacent par la culture plus lucrative du thé. Par contre, les Hollandais parviennent à en cultiver en Indonésie. Ils font l'erreur d'en offrir un plant au roi de France, et au début du XVIIIe s. les Français en lancent la culture aux Antilles, suivis peu parès par les Portugais au Brésil ; dès 1730, grâce à l'organisation de plantations, dont la main d'oeuvre est fournie par les esclaves venus d'Afrique, ce café d'Amérique peut concurrencer sur les marchés européens le café venu d'Orient.

Pire : les Ottomans et les Egyptiens eux-mêmes finissent par acheter ce café produit par les Européens en Amérique. Cela porte un coup fatal au grand commerce égyptien du café.


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Les Egyptiens d'aujourd'hui consomment ce qu'on appelle le " café turc ", torréfié puis moulu très fin. On place dans une cafetière une quantité d'eau équivalente à chaque tasse qu'on veut servir, la quantité de café convenant à chaque tasse, le sucre, et on porte le tout à ébullition légère deux fois. Le café est ensuite versé dans les tasses et on laisse le marc se déposer au fond. Lorsqu'on commande un café en Egypte, on vous demande de quelle façon vous souhaitez le consommer, puisque le sucre se met dès la préparation :

" sâda " signifie sans sucre, ou très peu sucré
" mazbût " signifie moyennement sucré
" zeyâda " signifie très sucré

Les Egyptiens, friands de sucre, le consomment souvent " zeyâda ". Parfois, comme il est d'usage dans de nombreux endroits du Mashreq, on parfume le café avec de la cardamome.


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La différence avec le café bédouin ? Le café consommé par les Bédouins est un café vert qui est grillé sur le feu, broyé dans un mortier, puis préparé de la même façon que le thé dans une " ibriq " . Il est plus clair que le café turc, a un goût différent et se parfume en général à la cardamome.

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Masr - Egypte islamique & actuelle
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Samedi 26 janvier 2008

C'est en 1517, profitant de l'affaiblissement de l'économie égyptienne et des dissensions entre les Mamlûk, que les Ottomans font la conquête de l'Egypte. S'ouvre alors une période souvent assez mal connue, qui est considérée par de nombreux historiens, tant arabes qu'occidentaux, comme une période de décadence. Et pourtant, l'époque ottomane a doté l'Egypte de monuments remarquables et y a laissé une empreinte durable dans la vie quotidienne - de nombreuses recettes de cuisine, entre autres, ou encore la façon de préparer le café.



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Selim Ier, sultan ottoman qui conquiert l'Egypte.


Durant la domination ottomane, l'Egypte est gouvernée au nom du sultan par un Pacha1, ou Wâli2, nommé directement par le souverain pour un mandat en général de courte durée ; il occupe dans la hiérarchie ottomane le rang de vizir3. Il doit verser au sultan chaque année un tribut, assurer la sécurité et l'organisation de la caravane de l'Afrique du Nord pour le pélerinage vers La Mecque, tout en étant chargé du ravitaillement du Hedjaz où se trouvent les villes saintes dont le sultan ottoman est désormais le gardien, comme l'étaient jadis les sultans égyptiens. Il est assisté dans son administration par de hauts fonctionnaires eux aussi nommés par la Sublime Porte4.




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L'Egypte n'est plus désormais qu'une province du vaste empire ottoman.



Le contrôle militaire du pays est assuré par les Odjak5, troupes d'infanterie, comme les janissaires, ou de cavalerie, qui résident en permanence en Egypte. La plupart de ces soldats sont Anatoliens ou originaires des Balkans et leur solde est prélevée sur le trésor local, ce qui n'est pas fait pour faciliter leurs rapports avec la population.


L'administration provinciale est confiée à des Kashif, ou " surveillants ", fonction que les Ottomans ont reprise de l'époque mamlûk. Progressivement, presque tous les kashif seront recrutés parmi les Mamlûk et recevront le rang de Sandjakbey6, souvent abrégé en Bey.



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Des troupes de mercenaires assurent la sécurité et le contrôle militaire de la province.


L'organisme essentiel du gouvernement dans l'Egypte ottomane est le diwan, ou conseil, constitué des officiers des odjak, des hauts fonctionnaires et des principaux religieux musulmans (ulema) du Caire7. Un petit diwan se voit chargé des affaires courantes.


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La société égyptienne se trouve bouleversée par la conquête ottomane.  Le nombre de Turcs proprement dits est relativement restreint ; il s'agit plutôt d'étrangers issus des différentes provinces de l'empire.


Les Ottomans conservent la tradition médiévale de recrutement des Mamlûk, qui débutent toujours comme esclaves. A cette époque, la plupart des Mamlûk viennent du Caucase et les Circassiens restent les plus appréciés8. Mais on en trouve aussi qui viennent des Balkans et même d'Europe occidentale, ainsi que des Egyptiens de souche et parfois des esclaves Africains. Ils reçoivent leur formation à Istanbul ou dans une autre province ottomane avant d'être envoyés en Egypte. Contrairement à la tradition médiévale, les enfants des Mamlûk peuvent suivre la carrière de leur père, mais cela reste marginal ; ce sont surtout les alliances matrimoniales qui sont privilégiées.



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Les Mamlûk restent de redoutables cavaliers, et trouvent leur place dans l'administration ottomane, sans pour autant renoncer à leurs velléités d'indépendance , ce seront en quelque sorte les Mamlûk de l'époque ottomane qui seront à l'origine de la "conscience égyptienne".


On ne cesse de faire venir de nouveaux esclaves ( " kul " ), qui sont vendus à un Mamlûk affranchi membre d'une maison mamlûk ( " Beyt " ) ; ils reçoivent alors une formation militaire dans la cavalerie. Une Beyt mamlûk est fondée par un chef (appelé " ostaz " , " ab ", " mawla " ou " sayyed " ) , qui donne son nom à cette maison9 ; il regroupe autour de lui ses esclaves mamlûk, mais aussi des affranchis qui sont liés à lui par une formation commune. Le lien entre les Mamlûk et leur maître est très fort, même après l'affranchissement, ce qui rend les jeux d'influence très complexes. L'affranchissement s'accompagne de l'obtention d'une fonction plus ou moins importante dans l'administration, sans que le lien soit rompu avec le maître. Ce n'est que quand un Mamlûk affranchi a atteint les honneurs suffisants qu'il peut fonder à son tour sa propre Beyt.

A ces liens de fidélité et d'honneur s'ajoutent des liens matrimoniaux. Les Mamlûk épousent en général les filles, l'ancienne épouse ou les concubines de leur maître. Les femmes mamlûk, qui sont elles aussi d'anciennes esclaves et étrangères, ont ainsi un rôle non négligeable. La fille d'un Mamlûk se mariera pratiquement toujours avec un Mamlûk.

De façon assez étrange, les Turcs qualifient les Mamlûk de " Misirli " ( Egyptiens, de l'arabe " Misr " désignant à la fois l'Egypte et Le Caire ) ; bien qu'étrangers, ils sont ainsi les seuls à être qualifiés d' " Egyptiens ". En réalité, dans l'esprit des Turcs ottomans,ce terme sert plutôt à désigner un membre non turc de l'administration qu'à signifier une appartenance ethnique.


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Même si les tensions sont nombreuses, les Ottomans marquent de leur empreinte la culture égyptienne.


Parmi les Egyptiens de souche, on distingue différentes catégories. D'abord, une distinction entre Egyptiens musulmans et Egyptiens chrétiens.

Les Egyptiens de souche de confession musulmane sont le plus souvent qualifiés d' " ibn el-balad " (littéralement : fils du pays) 10, qui équivaut à la notion d'autochtone. L'expression " awlâd el-3arab " (littéralement : fils des Arabes)  désigne le mélange ethnique issu du mélange entre les Arabes venus de la péninsule arabique lors de la conquête musulmane et les populations antérieures.

Mais le nom d' Arabe ( "3arabiy " ) est revendiqué par les tribus bédouines, qui font remonter leurs lignées aux premiers temps de la conquête arabe. 11

Le terme de " fellah " (littéralement : paysan) est utilisé de façon péjorative par les membres de l'administration turque pour désigner les Egyptiens de souche, quelle que soit leur classe sociale. 12 A cette époque, " fellah " signifie donc sujet, celui qui n'appartient pas à la classe dirigeante ( en arabe " ra3yya "). 13

Enfin, les Egyptiens de souche de confession chrétienne, les Coptes, sont largement marginalisés, ne représentant qu'environ 7% de la population de l'Egypte d'alors. Linguistiquement, ils ne parlent plus que l'arabe depuis la dernière période de l'époque mamlûk ; le copte n'est plus utilisé que pour la liturgie. La plupart sont paysans, et c'est en Moyenne-Egypte, entre Beni Souef et Girga, qu'ils sont les plus nombreux. Le XVIIIe s. est pour eux une période très dure, durant laquelle le nombre d'évêchés se réduit et la plupart des monastères sont abandonnés, tandis que l'on manque de prêtres ; à cela s'ajoute l'action des missionnaires catholiques, le Vatican s'efforçant de rallier les Coptes au catholicisme 14. Mais les prêtres et le peuple sont très attachés à leur liturgie, qui représente le dernier refuge de leur identité propre. C'est parmi les notables coptes des villes que se recrutent les intendants chargés des taxes et des revenus de l'Etat ; comptabilité et écriture sont toujours confiées à des Coptes, qui de ce fait jouent un rôle dans l'administration ottomane.



Cet aperçu rapide de la société égyptienne de l'époque ottomane n'est pas inintéressante pour comprendre l'Egypte d'aujourd'hui. D'une part, ces éléments permettent d'expliquer pourquoi l'Egypte actuelle a tant de mal à appréhender la période ottomane de son histoire et les ressentiments durables envers la culture ottomane qui sont encore sensibles. D'autre part, il éclaire également les origines de certaines tensions entre différents groupes sociaux ou culturels de l'Egypte contemporaine.



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Notes :

1- Pacha (en turc " pasha ", du persan " padeshah ") : titre élevé dans la société ottomane, qui était donné aux gouverneurs de provinces et aux généraux ; c'était aussi un titre honorifique que le sultan pouvait donner à une personne qu'il voulait distinguer. Avant la XIXe s. , seul le sultan peut conférer ce titre ; par la suite, le Khedive (= vice-roi)  d'Egypte le pourra aussi. La liste des Pacha d'Egypte jusqu'en 1796 est disponible dans la page sur l'époque ottomane.
2- Wâli : en arabe, ce terme désigne au Moyen Age les gouverneurs.
3- Vizir (en arabe " wazîr " ) : fonctionnaire de rang élevé, conseiller ou ministre d'un prince musulman.
4- Sublime Porte : nom donné à la porte d'honneur du grand vizirat à Istanbul, où sièger le gouvernement du sultan ottoman ; par extension, le terme est employé pour désigner le gouvernement ottoman lui-même, mais aussi Istanbul ouo encore l'empire ottoman.
5- Odjak (en turc " ocak " ): souvent traduit par "milice", en réalité troupes d'infanterie ou de cavalerie composées d'esclaves ou de mercenaires à l'époque ottomane.
6- Sandjakbey : le titre de Bey, qui désignait à l'origine chez les Turcs un chef de clan, était attribué à des chefs, turcs ou pas. Tandis que le terme de beylerbey désignait un gouverneur de province, celui de sandjakbey (en turc " sancakbey " ) qualifiait à l'origine un chef de régiment.
7- En particulier ceux qui enseignent dans la prestigieuse université d'el-Azhar, au Caire.
8- Comme ceux de la 2e dynastie mamlûk égyptienne, les Burgi Mamlûk, qui régnèrent sur le pays de la fin du XIVe s. à la conquête ottomane.
9- On trouve par exemple au XVIIIe s. la Beyt 3Alaweyya, issue d' Ali Bey, ou la Beyt Mohammedeyya, issue de Mohammed Bey Abo Dahab.
10- Cette expression est aujourd'hui encore employée par les Cairotes de souche pour se distinguer des provinciaux venus s'installer dans la capitale.
11- De nos jours encore, le terme "Arabe" désigne plutôt les Bédouins aux yeux de beaucoup d'Egyptiens.
12- Les Egyptiens le leur rendent bien en les qualifiant de " Rumiy " ( expression qui vient de "romain" ) pour bien marquer qu'ils sont étrangers.
13- Ainsi, on trouve par exemple au XVIIIe s. un groupe mamlûk très influent qualifié de "gama3at el-fellah " (littéralement : rassemblement des fellah), car il est composé de Mamlûk d'origine égyptienne.
14- Cette union ne sera que partiellement et tardivement réalisée, en 1895, entraînant la séparation entre Coptes orthodoxes et Coptes catholiques.

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Masr - Egypte islamique & actuelle
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Vendredi 7 décembre 2007
 
Bien qu'il ne reste rien du bâtiment d'origine, la mosquée d' 3Amr ibn el-3As est importante dans l'histoire égyptienne car elle fut la première à être fondée en Egypte, au lendemain de la conquête arabe ; elle est aussi la plus ancienne mosquée de toute l'Afrique. Elle se trouve près de Masr el-Qadima (Vieux-Caire), au nord de l'ancienne forteresse romaine de Babylone d'Egypte, sur le site de la première ville musulmane de Fustat fondée elle aussi par 3Amr. Elle aurait été construite en 641-642, selon la tradition, à l'emplacement où se trouvait la tente d' 3Amr ibn el-3As, qui commandait les troupes arabes qui envahirent l'Egypte, durant le siège de Babylone d'Egypte. On lui donne divers autres noms : Tag el-Gawâmi3  ( " Couronne des Mosquées "), el-Gâmi3 el-3Atteeq ( " la Mosquée Vieille " ) ou encore Masjid Ahl er-Rayah ( " Mosquée des Gens de la Bannière " ). 


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Vue de l'extérieur de la mosquée, avec l'un des minarets.

 
Son plan est resté extrêmement simple, malgré les travaux successifs intervenus au fil des siècles. Elle se compose d'un grande cour à ciel ouvert (sahn) bordée de 4 portiques (riwâq), celui placé du côté de la qibla étant plus large que les autres. Elle compte 150 colonnes de marbre blanc, dont certaines sont des réemplois d'édifices antiques, et 3 minarets. La cour elle-même est pavée de marbre blanc. Le magnifique miHrâb de stuc remonte au XIVe s.



La mosquée d'origine était beaucoup plus petite que la mosquée actuelle, soit 17m x 29m.  Fort simple, elle était construite en briques de terre crue, ne comportait aucune décoration, des troncs de palmier servant de piliers et des demi-troncs de palmier pour toiture, comme on peut encore en voir dans la campagne égyptienne ; il n'y avait ni miHrâb, ni minaret et le sol était de terre battue. Elle ouvrait au nord par deux portes, deux autres donnant sur la maison qu' 3Amr s'était faire construire à Fustat. Il ne reste rien de cette mosquée originelle.



Elle fit l'objet de travaux d'agrandissement et de transformations tout au long de son histoire, dès le VIIe s. En 672, Musallâma el-Ansari, gouverneur d'Egypte, entreprit les premiers travaux en dotant murs et plafonds de décors et en construisant le premier minaret. Puis en 698, la mosquée fut détruite et agrandie par un autre gouverneur, Abdul 3Azîz ibn Marwan. Elle est à nouveau démolie et reconstruite en 711 par le prince Qurrah ibn Shurayk el-Absi, qui l'agrandit et la dote d'un miHrâb concave inspiré de celui de la mosquée de Médine, précédé de 4 colonnes, et d'un minbar de bois ; quatre portes sont ouvertes à l'est et à l'ouest, trois au nord.
 


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La cour de la mosquée actuelle, avec sa fontaine aux ablutions de style ottoman ; remarquer à droite la grande dekka soutenue par deux colonnettes donnant sur la cour.

  
En 827, le gouverneur abbasside Abd Allah ibn Tâher porta la mosquée à sa superficie actuelle (112m x 120m) , doublant sa surface en ajoutant une extension vers le nord. Il la dote de portiques sur les quatre faces de la cour centrale, la salle de prière comprenant 7 séries d'arcades parallèles à la qibla ; de même, les arcades des portiques latéraux, plus étroits, étaient parallèles à la qibla. La mosquée compte alors 13 entrées : 3 au nord, 5 à l'est, 4 à l'ouest et 1 dans le mur de qibla. Les fenêtres, placées dans la partie haute des murs extérieurs, étaient groupées deux à deux par une arcade et séparées par une colonnette à chapiteau orné. 


 
A l'époque fatimide, cette nouvelle mosquée hypostyle reçut un riche décor de mosaïques d'or et de marbre, des sculptures sur bois et une partie du miHrâb fut plaquée d'argent. Il reste de cette période quelques architraves de bois sculpté du côté de la qibla. 



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Vue de l'intérieur de la mosquée, avec l'un de ses miHrâb.


 
La dernière phase de grands travaux remonte à l'époque ottomane, quand Murât Bey, en 1797, décide de démolir et remanier l'intérieur de l'édifice, fragilisé par un affaiblissement des colonnes. Les arcades du portique oriental sont alors transformées et placées perpendiculairement à la qibla – alors qu'elles étaient à l'origine parallèle à celle-ci. C'est également de cette période que datent les deux autres minarets que l'on peut encore voir aujourd'hui.  
 
Bien avant que ne soit construite la célèbre mosquée el-Azhar, celle d' 3Amr fut un centre d'enseignement islamique qui accueillait plusieurs milliers d'étudiants.


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Vue ancienne de l'intérieur de la mosquée, avec la grande dekka typiquement égyptienne.



Sources et liens :

- Ismail ABAZA, The Mosque of Amr Ibn el-AAs, in
Tour Egypt.

- Ernst J. GRUBE, Architecture of the Islamic World, ed. Thames & Hudson, Londres, 1987.

 

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Masr - Egypte islamique & actuelle
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Vendredi 2 novembre 2007

Mon amie Josiane, que j'ai connue sur OB par l'intermédiaire d' Anne-Marie et rencontrée au Caire, où elle vit, m'a envoyé ces photos qu'elle a prises en Haute-Egypte et les a offertes pour que nous puissions les partager sur ce blog. Comme vous pouvez vous en rendre compte, et le verrez en allant sur son blog, Josiane est une photographe de talent qui sait à merveille saisir la beauté d'un instant. Un grand merci à elle pour ces images magnifiques !

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A contempler ce spectacle, on comprend pourquoi les Egyptiens de l'Antiquité avaient créé une telle mythologie autour du cycle solaire. Il y a sur le Nil des lever et coucher de soleil somptueux qui se gravent dans l'âme et dans le coeur lorsqu'on a la chance d'y assister. Des couleurs tour à tour flamboyantes ou subtiles qui font de chacun de ces instants un moment d'exception...

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Masr - Egypte islamique & actuelle
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