Vendredi 25 avril 2008

A présent que nous sommes familiarisés avec des choses très simples, nous allons pouvoir commencer à aborder quelques expressions qui peuvent se révéler utiles.





Dire qu'on parle arabe :


batkallem 3arabi : je parle arabe
batkallem 3arabi shwayya bass : je parle juste un peu arabe

Il y a deux formes d'arabe : el-foSHa ( l'arabe classique ou littéral ), qui est la langue écrite, et el-3ammeyya ( le dialecte ) - en l'occurence en Egypte en général le masri ou le sa'idi - qui est la langue parlée, celle de tous les jours.




 


Exprimer son accord, son approbation :


mafeesh mâni3 / mafeesh moshkela : ( il n'y a ) pas de problème
men ghêr moshkela : sans problème
Tab ( mot typiquement égyptien, contraction de Tayyeb ) : bien, bon, OK
be-Z-ZabT : exactement, pile
shi : ça marche, ça va
da akeed ! : ça c'est sûr !
zayye ma enta 3âyez : comme tu veux
law teHebb : si tu veux





Exprimer qu'on ne sait pas
:

mâ 3andish fekra : je n'ai pas idée
mâ bafhamsh : je ne comprends pas
mesh 3âref : je ne sais pas







Divers :

yalla ! / yalla nemshi ! : allons-y !
eg-gaww kwayyes en-nahârda : il fait beau aujourd'hui
< eg-gaww = le temps (dans le sens " météo " ) + kwayyes = bon, bien + en-nahârda = aujourd'hui
Tool el-yoom : toute la journée
lâ mo'akhza : ( littéralement " pas de fâcherie " ) pardon, désolé, excuse-moi
shoft ezzây ! : ( littéralement " tu as vu comment " ) voyez-vous ça ! ,  ben voyons !
mesh ma3'ool ! : incroyable ! , insensé ! , pas possible !
khosâra ! : dommage !
ma3lesh : tant pis, ça ne fait rien
ana mabsoot (masc.) / mabsoota (fém.) : je suis content(e)
ana mabsoot 'awi : je suis très très content
ana za3lân (masc.) / za3lâna (fém.) : je suis fâché
shwayya shwayya : peu à peu, petit à petit
khalâs : ça suffit, c'est tout





Remarques :

 

Vous aurez remarqué plusieurs formes négatives. La négation est facile en dialectal égyptien :

- avec un nom, un adjectif, un participe ou un complément circonstanciel, il suffit de placer devant l'élément sur lequel porte la négation : mesh ( parfois prononcé aussi mosh, dans certains dialectes égyptiens ou ailleurs au Mashreq )
ex. mesh momken : ( ce n'est ) pas possible -
n'oublions pas que le verbe être est sous-entendu en arabe.
      howwa mesh fê l-beyt : il n'est pas à la maison

- avec un verbe, on utilise la négation et on place le suffixe -sh à la fin du verbe ; quand un verbe porte un pronom suffixe, c'est après celui-ci que se place le -sh
ex. mâ batkallemsh 3arabi : je ne parle pas arabe
      mâ bafhamaksh : je ne te comprends pas


Certains mots ou certaines expressions peuvent avoir des nuances, voir des changements de sens, en fonction du contexte et surtout du ton que l'on emploie :

- shi  veut dire littéralement " marchant ", c'est-à-dire " ça marche " ; il signifie ainsi " ça va " dans le sens de " je vais bien " , mais aussi dans le sens de " c'est bon, c'est d'accord " ; l'équivalent le plus proche en français parlé serait " ça roule ". 

-  yalla ! signifie toujours "aller ! , on y va ! " ; mais attention à ne pas adopter un ton qui pourrait être interprété comme aggressif, ce qui pourrait introduire une nuance d'agacement

- mesh ma3'ool ! sert en règle générale à marquer l'étonnement, la surprise ; si vous le dites en riant, vous introduirez la nuance de " non, c'est pas possible / je te crois pas "

- ma3lesh fait partie des mots employés à toutes les sauces ; il signifie : ce n'est pas grave, ça ne fait rien, tant pis, etc.

- khalâs voit son sens varier selon l'intonation ; avec une intonation neutre, il sert à exprimer qu'on a fini, que c'est tout, etc. ( " wa khalâs " à la fin de quelque chose que vous racontez, par exemple, signifiera " voilà c'est tout / le sujet est clôt " , etc. ) ; mais sur un ton plus ferme, il marque l'agacement : khalâs (keda) ! prend alors le sens de " ça suffit ! / arrête ! " . Un petit conseil malgré tout : si cette expression toute simple peut se révéler utile pour éconduire quelqu'un d'importun ou d'insistant, il ne faut pas oublier qu'elle est dans le second cas signe d'agacement, voir d'aggressivité, donc à employer avec modération ; mieux vaut d'abord répondre par la négative mais poliment à son interlocuteur, avec par exemple " lâ, shokran " ( non, merci ) ou " lâ, mesh 3âyez Haga (shokran) " ( non, je ne veux rien [merci] ) ; s'il insiste vraiment et que vous souhaitez l'éconduire, utilisez alors un " khalâs ! " ferme, mais en gardant le sourire, ce qui évitera de vexer la personne et montrera que vos intentions ne sont pas aggressives.
Remarque de prononciation : en fait, le -s final est un -s emphatique et devrait être transcrit -S ; mais la plupart du temps les Egyptiens le prononcent comme un simple -s.





Khalâs en-nahârda... 


par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Voyages en Egypte
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander
Mercredi 19 mars 2008

Nous avons vu dans un article précédent les salutations et formes de politesse de base en masri1, l'arabe dialectal égyptien le plus répandu. A présent, nous allons commencer à échanger quelques expressions simples avec des interlocuteurs égyptiens en disant notre nom et en demandant celui de l'interlocuteur, puis en demandant comment ça va.

undefinedDire son nom :

Le nom, c'est el-esm en masri (al-ism en arabe classique).

esmî, littéralement "mon nom (est) ", permet de dire "je m'appelle ".
ex. esmî Kaaper = je m'appelle Kaaper
undefined
Pour demander à quelqu'un comment il s'appelle, on dira :
esmak êh ? (à un homme) ou  esmek / esmik2 êh ? (à une femme)

undefinedPetites explications pour la curiosité :

l'arabe, littéral ou dialectal, dispose, à côté des pronoms personnels sujet, de pronoms personnels fonctionnant comme des suffixes et servent aussi de possessifs ; ainsi :

ana > - î = moi, je ; mon
enta > - ak = toi, tu ; ton (masculin)
enti > - ik / - ek = toi, tu ; ton (féminin)
howa > - u / - hu / - h3 = lui, il ; son (masculin)
heyya > - hâ = elle ; son (féminin)
eHna > - nâ = nous ; notre
entu > - ku / - kum4 = vous ; votre (plusieurs personnes)
homma > - hum = eux, ils, elles ; leur

ex. ibn = fils -> ibnî = mon fils 
undefined
C'est très pratique, il faut bien l'avouer ! Vous remarquerez qu'il y a 8 personnes en arabe : la 2e personne du singulier masculin et féminin, mais une seule forme pour la 3e personne du pluriel.

Enfin êh ? est l'interrogatif égyptien par excellence, permettant de poser une question beaucoup plus facilement qu'en arabe littéral ; on peut le traduire par " que ? " / " quoi ? ". Il se place après l'élément sur lequel porte la question.
ex. 3âyez êh ? = que veux-tu ?

Là aussi, très pratique, mesh kedâ / n'est-ce pas ?


undefinedComment ça va ?

Après avoir salué, on demande en général comment ça va. Là encore, c'est assez simple et très facile à retenir. Une attention qu'apprécieront les Egyptiens que vous rencontrerez à plusieurs reprises.

La formule la plus soutenue est :
keyf el-Hal ? 

dont une variante est : keyf Halak ? (à un homme) / Halek ? (à une femme)

Mais il y a une forme plus typiquement égyptienne :
undefined
ezzây ?5 est un interrogatif typiquement dialectal, qu'on retrouve aussi en libanais ; il signifie " comment ? " et est l'équivalent du littéral keyf.

Comme pour le nom, il suffit d'y ajouter un pronom personnel suffixe pour poser la question de savoir comment va la personne :
ezzâyak ? = comment vas-tu ? (à un homme)
ezzâyek ? = comment vas-tu ? (à une femme)

On peut aussi dire :
ezzây el-Hal ? = comment ça va ? ( littéralement, " comment est la situation ? " )

On répond, puisque tout ne peut qu'aller bien quand on est en Egypte  :
(ana)6 kwayyes (homme) / kwayyesa (femme) = (je vais ) bien
be-khêr = bien


En général, on ajoute à sa réponse : el-Hamdu li-llah (grâce à Dieu) ; si vous n'osez pas le dire parce que vous n'êtes pas musulman, les Egyptiens l'ajouteront souvent à votre réponse.



Il y a ainsi en masri toute une série d'expressions codifiées, qui sont en quelque sorte une façon d'éviter d'attirer ce qui pourrait être négatif, mauvais ; n'oublions pas le pouvoir que les civilisations de cette région du monde ont de tout temps accordé à la parole, comme chez les anciens Egyptiens. On trouvait d'ailleurs en Europe il n'y a pas si longtemps des traditions similaires, qui venaient de l'Antiquité gréco-romaine : dire le nom d'une chose, c'est l'attirer, littéralement l'invoquer. Mais ces questions linguistique révélatrices de la façon de penser sont si passionnantes que je me laisse emporter par mon élan ! Revenons à notre premier propos...
undefined
L'expression que vous entendrez très souvent est inshâ'a l-llah, qu'on traduit par " si Dieu le veut ". Elle ponctue en particulier les phrases dans lesquelles on émet un souhait, quand on parle d'un projet, de quelque chose qu'on envisage de faire ou d'un endroit où on souhaiterait aller, etc. En général, l'interlocuteur répond à son tour " inshâ'a l-llah ".
Un exemple : hashûfak bokra, inshâ' l-llah = je te vois demain, si Dieu le veut.


undefined

Notes :

1- Le masri est en effet à l'origine le dialecte du Caire, qui a évolué vers une forme qui est comprise dans pratiquement toute l'Egypte, devenant une sorte d'arabe égyptien commun. Mais il existe de nombreux autres dialectes, comme le sa'idi de Haute-Egypte, ou le bedawi des Bédouins d'Egypte. Rassurez-vous, si vous parlez en masri, vous serez compris !
2- Pour le pronom féminin, la forme égyptienne la plus courante est -ek, même si en principe on devrait trouver le -ik avec le fameux -i bref prononcé entre -i et -é. 
3- La forme classique est -hu, mais en égyptien on utilise plutôt -u, ou -h après voyelle.  
4- Là aussi, la forme classique est -kum, mais dans la langue parlée égyptienne on utilise plutôt simplement -ku
5- Pensez à bien prononcer les deux -z , le mot a deux syllabes : ez- / -zây. 
6- Ana, pronom personnel sujet, est en règle générale sous-entendu, tout comme le verbe être.

Pour les règles de transcription et la prononciation, se reporter à la page qui y est consacrée. 

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Voyages en Egypte
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Lundi 17 mars 2008

Quand j'ai posé le pied en Egypte pour la première fois, en 2004, j'avais bien du mal à y croire. Et la rencontre avec le Nil, ce fleuve mythique dont le nom seul est un appel au rêve, fut un grand moment autant que celle avec les grands monuments qui me fascinaient depuis l'enfance ou que la rencontre - coup de foudre avec Le Caire. La tradition prétend que le Nil exerce sur ceux qui se rendent sur ses rives une fascination telle qu'ils sont comme envoûtés et ne songent qu'à revenir, voir à y rester : il faut croire que c'est vrai. Le Nil, autant que notre guide, m'a murmuré plus d'une fois à l'oreille : "tu reviendras, insha'a l-llah..." J'ai eu la chance en effet de le retrouver deux ans plus tard. Et j'espère bien, insha'a l-llah, le retrouver bientôt.


Voici un petit montage à partir des photos prises en Egypte lors de ce premier voyage. Le fleuve lui-même, les embarcations qui le sillonnent, mais aussi ses rives sur lesquelles l'observateur attentif découvre des scènes éblouissantes de beauté... Une beauté paisible, qui semble immuable. On peut penser, avant de s'y rendre soi-même, que tout cela relève du cliché. Mais quand on se trouve face à ce fleuve majestueux dont les Anciens avaient fait un dieu, la fascination est bien réelle ; tous ceux qui ont approché le Nil vous le diront. C'est une explosion de couleurs, changeantes au fil des heures du jour, avec des levers et couchers de soleil qui font comprendre de l'intérieur l'essence de l'ancienne civilisation égyptienne autant que l'âme de l'Egypte toute entière, d'hier et d'aujourd'hui. On se prend soudain à contempler en silence ce spectacle unique ; oui, le Nil, comme les déserts qui enserrent son étroite vallée, invite à la contemplation pour peu que l'on accepte de se laisser guider par les sensations. On fait abstraction du reste, de l'industrie touristique aussi bien que de l'époque à laquelle nous vivons. Quelle que soit l'embarcation, voguer au gré des flots aujourd'hui paisibles du Nil, c'est faire un voyage dans un monde à part et comme flotter hors du temps.


Vous reconnaîtrez sans doute au passage des lieux fameux, les beautés d'Aswân et d'Eléphantine, Esna et son écluse, Louqsor... Mais vous verrez aussi des lieux anonymes, des villages aperçus depuis le fleuve, des palmeraies, des exploitations agricoles sur lesquelles le temps ne semble pas avoir d'emprise...



Diaporama nil
envoyé par Nefred


Pour fond musical, je vous ai choisi une de mes chansons favorites d'un chanteur égyptien que nous avons déjà rencontré sur ce blog, AHmed Sa3ad : " Garahona ".  Lors de ce premier voyage, Hassan, l'un des serveurs, m'a fait découvrir la musique égyptienne, et je ne l'en remercierai jamais assez... Car la magie de l'Egypte est aussi en cela : tout ramène à l'expérience humaine, on en revient transformé autant par les rencontres humaines que l'on y fait que par la magie des lieux. C'est donc en pensant chaleureusement à Hassan et Salâma, rencontrés lors du premier voyage, ainsi que Mohammed, rencontré lors du second, que j'envoie sur la toile ces fragments de moments inoubliables.  
par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Voyages en Egypte
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Dimanche 9 mars 2008

La croisière sur le Nil est aujourd'hui l'une des formes les plus courantes de voyage en Egypte. Je devrais dire, d'ailleurs, en Haute-Egypte ; car s'il fut un temps où les bateaux de croisière reliaient encore Le Caire à Assouan, ce n'est plus le cas depuis déjà de nombreuses années et les croisières s'effectuent entre Louqsor et Assouan. C'est un type de voyage confortable, qui est plutôt approprié pour une première approche de l'Egypte ; mais il n'est pas sans inconvénients. J'ai eu l'occasion de faire deux croisières, en 2004 et 2006. Je vous livre donc ici de simples impressions personnelles.


bateau-nil.jpg


undefined La croisière type :

Les programmes des croisières varient peu et sont quasiment les mêmes, à quelques petites nuances près, chez tous les voyagistes. La durée est en principe de 8 ou 9 jours et 7 nuits, de Louqsor à Assouan et retour sur Louqsor - attention, n'oubliez pas que les jours de trajet aérien depuis votre pays d'origine sont comptés. En règle générale, vous atterrirez à l'aéroport international de Louqsor, d'où vous embarquerez directement sur votre bateau de croisière.

Les sites visités durant la croisière sont eux aussi pratiquement toujours les mêmes. Certaines visites sont optionnelles et devront être réglées sur place ; faites bien le calcul, car un prix de départ attractif peut en fait aboutir à un voyage qui vous reviendra plus cher au final.

Au départ de Louqsor, vous visiterez habituellement : le temple de Karnak, les Vallées des Rois (3 tombes) et des Reines (3 tombes aussi)  avec un passage éclair aux colosses de Memnon. Avec un peu de chance, votre programme peut aussi comprendre les visites des temples de Louqsor et d'Hatshepsout à Deir el-Bahari, mais ces deux sites ne sont pas toujours compris. Pour le temple de Louqsor, c'est un moindre mal : vous pouvez très bien profiter d'un temps libre pour le visiter seuls, le site reste ouvert  tard le soir - lors de mon premier voyage, j'ai fait ainsi la visite libre de nuit, c'était très beau, même si cela rend difficile de prendre des photos et si on ne voit pas aussi bien certains détails architecturaux.

A l'escale d'Edfou, vous visiterez le temple d'Horus. En règle générale une visite assez rapide. Pour vous rendre du bateau au temple, vous aurez droit au traditionnel trajet en calèche. Ensuite, retour sur le bateau pour la navigation.

A l'escale de Kom Ombo, vous visiterez le temple de Sobek et Haroeris. Lors de beaucoup de croisières, la visite se fait de nuit - je l'ai vu deux fois, et deux fois de nuit : inutile de vous dire que j'aimerais bien quand même le voir de jour ! Ensuite, retour sur le bateau et navigation.

A l'escale d'Assouan, les visites comprennent le plus couramment le temple d'Isis à Philae, souvent aussi le parc botanique de l'île Kitchener ou les carrières de granit avec l'obélisque inachevé. Très souvent, la visite aux temples d'Abu Simbel est en supplément ; il faut compter 3 à 4h de route à travers le désert au départ d'Assouan, et même chose au retour : journée harassante, mais qui mérite quand même d'être faite.

Ne vous attendez pas à plus, c'est à peu près tout ce que vous verrez de toutes les richesses de la Haute-Egypte - il est vrai que c'est déjà bien d'avoir la chance de pouvoir réaliser le rêve de voir "en vrai" ces monuments qu'on ne connaissait qu'à travers les livres ou la télévision. D'autant que la plupart du temps on vous emmènera entre deux visites chez des fabricants de produits touristiques auxquels il est difficile d'échapper : boutiques de papyrus, de verre soufflé, de parfums, d'albâtre... Ca peut amuser la première fois, mais vous aurez tôt fait de remarquer qu'on trouve la même chose et bien moins cher dans les soukhs !

Enfin, un rituel de toute croisière : la soirée costumée avec le dîner égyptien et le spectacle - le plus souvent derviche tourneur, chants et danses nubiennes. Je ne vous raconte pas, vous le découvrirez par vous-mêmes...

Vous laissez votre passeport à l'accueil. Lorsque vous descendez seul à terre, on vous remet une carte au nom du bateau ; cela permet aussi à l'équipage de vérifier que tout le monde est bien à bord avant d'appareiller.



paysage-nil_1.jpg

undefined Les avantages et inconvénients :

Le premier avantage, c'est sans doute le prix très attractif : les voyagistes se livrent une concurrence féroce et les prix ont considérablement baissé. 

Autre avantage : on n'a pas à faire et défaire ses valises en permanence, puisqu'on ne change pas d'hôtel et qu'on est sur un hôtel flottant. Les bateaux sont confortables et bien tenus, le personnel charmant, les repas corrects bien que très occidentaux en règle générale - à part la soirée déguisée, vous ne mangerez guère de spécialités véritablement égyptiennes. Par contre, tout est préparé à bord, y compris les viennoiseries et pâtisseries du petit déjeuner ; si vous êtes un couche-tard, vous pourrez voir le soir les livraisons de nourriture.

La croisière est également moins fatigante qu'un voyage par la route. On ne s'en rend pas compte en regardant une carte, mais les distances sont importantes. Et les déplacements de touristes, individuels ou en groupes, ne se font qu'en convois accompagnés par une escorte, ce qui peut être épique ; les convois ont des horaires approximatifs et certains policiers font du zèle sur la limitation de vitesse - 90 km/h !


surprise.jpg

Chaque jour, en rentrant de vos promenades, vous attendra l'une de ces surprises que le personnel de cabine confectionne avec les serviettes de bain, le couvre-lit et autres...


Enfin, la lenteur de la navigation permet d'admirer à loisir les paysages magnifiques. Du pont supérieur, en buvant paisiblement un karkadé, on voit défiler sous ses yeux des panoramas grandioses aux couleurs magnifiques, des scènes immuables, et on passe des moments inoubliables pour peu qu'on ait l'esprit rêveur.

Le principal inconvénient - outre le fait, bien sûr, de devoir endurer un groupe - est que l'on est tenu par les horaires et aléas de la navigation. Le Nil est en passe de devenir une véritable autoroute de bateaux de croisière, de jour comme de nuit, et pouvoir accoster pose parfois des problèmes ; vous serez sans doute surpris, car les bateaux s'amarrent les uns aux autres et vous devrez souvent en traverser plusieurs pour gagner le quai... et au retour, certains bateaux se ressemblant beaucoup, vous pouvez au début vous demander lequel est le vôtre ! Le passage de l'écluse d'Esna, surtout, peut être fastidieux, chaque bateau devant prendre son tour dans la file d'attente, et l'attente peut être longue.

Autre inconvénient, la rapidité avec laquelle on effectue les visites. En principe, votre guide vous commente le monument, puis vous laisse un temps libre variable ; mais en général vous ne passerez guère plus d' 1h30 sur chaque site, ce qui est parfois frustrant, même pour une première approche.

Et le dernier gros inconvénient est que vous aurez très peu de contacts avec la population, étant donné que vous serez la plupart du temps en " troupeau " de touristes - je sais, je suis méchant ! Il y a bien des moments pour s'échapper un peu, mais ils sont relativement rares.


paysage-nil_2.jpg



undefined Faut-il faire ou pas une croisière sur le Nil ?

Je dirais qu'il faut le faire une fois, en particulier pour une première approche du pays et si on ne se sent pas d'emblée une âme d'aventurier. Cela  permet d'avoir un aperçu global du patrimoine de la Haute-Egypte. Et naviguer sur le Nil réserve quand même de très beaux moments. Il est l'âme de l'Egypte, et un long corridor qui donne envie d'en découvrir encore plus.




caleches-edfou.jpg




undefined Les solutions alternatives à une croisière classique :


Certains voyagistes ont développé des solutions alternatives à la croisière sur ces énormes hôtels flottants qui sillonnent le Nil.

Onéreuse, la croisière en dahabieh, ce bateau qu'empruntaient les voyageurs d'autrefois. Le nombre de passagers est réduit, le cadre plus intimiste et propice à voyager aussi dans le passé. Mais les dahabieh sont rares et ce type de voyage n'est pas à la portée de tous.

Autre alternative, un peu plus dans l'esprit "aventure ", la croisière à bord d'une felouque, qui est proposée par quelques voyagistes sortant des sentiers battus. Bivouac la nuit, randonnées le jour avec souvent des visites qui changent de celles proposées par la plupart des voyagistes et rencontres avec la population - attention, tout n'est pas aussi spontané qu'on veut vous le faire penser, la part de rêve est organisée. Mais le contact est quand privilégié par rapport à la croisière classique, car là aussi les groupes sont restreints - pour peu qu'on s'organise pour partir entre amis, c'est un voyage individuel. Si je devais à nouveau voyager sur le Nil, insha'a l-llah, c'est un type d'expérience qui me tenterait bien.



bateaux-ammarres.jpg


undefined Quelques conseils personnels pour terminer :


Certains voyagistes proposent de combiner la croisière type sur le Nil avec un court séjour au Caire. Je ne peux que vous recommander de choisir cette option, que ce soit pour une première découverte du pays ou surtout pour le seul et unique voyage de votre vie en Egypte. Il est dommage d'aller en Egypte et de ne pas voir, même très rapidement, cette ville fascinante qu'est la capitale égyptienne, et de manquer aussi ce lieu mythique qu'est Gizeh. Aux visites de la croisière classique peuvent ainsi s'ajouter celles du musée égyptien du Caire, de Gizeh (pyramides et Sphinx), Memphis et Saqqarah, ainsi que, si vous êtes assez curieux et voulez voir autre chose que l'Egypte " pharaonique ", Le Caire copte ou islamique.

Si votre bateau s'arrête à Esnah, ou s'il est bloqué en attendant de passer l'écluse, profitez-en pour descendre à terre et visiter le temple de Khnoum, dont le prix d'entrée est modique. Attention, pour s'y rendre il faut traverser le soukh qui peut vous donner le tournis... vous verrez.

Pour les soukhs, puisque nous en parlons, le plus authentique - et ça risque de ne pas durer, hélas - est celui d'Assouan. Sortez de la zone arpentée par le flot de touristes et vous vivrez de très beaux moments.  Le soukh de Louqsor, qui était lui aussi magique, a hélas été défiguré par les travaux récents qui le font ressembler à une galerie marchande ; en tout cas, je suis de ceux qui pensent qu'il a perdu son âme... Quand aux soukhs touristiques organisés autour des temples d'Edfou et Kom Ombo, ils n'ont pour être franc aucun intérêt.

A Assouan, une promenade en felouque est un moment agréable dans ce paysage tout simplement somptueux. Si vous en avez le temps, n'hésitez pas à vous l'offrir, ce sera un moment particulier.

Pour Abou Simbel, si l'excursion n'est pas au programme de votre croisière, prenez-la en supplément, vous ne le regretterez pas car le site est tout simplement magique ; et la traversée du désert entre Assouan et les temples est une pure merveille.

Il est peu probable que vous ayez le temps de visiter les musées, qui ne sont au programme d'aucun voyagiste à ma connaissance. Mais on ne sait jamais, il est bon de savoir qu'il y a un musée égyptologique à Louqsor et le musée Nubien à Assouan.


danse-bateaux.jpg
par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Voyages en Egypte
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 28 février 2008

amarna_coucher-soleil.jpg



Je n'oublierai jamais le spectacle saisissant du coucher de soleil à Amarna, admiré depuis les tombes nord : à nos pieds, la plaine déserte sur laquelle s'élevait jadis la cité mythique d'Akhetaton, et au loin, l'horizon de l'ouest sur lequel le disque solaire descendait en jetant ses derniers feux, inondant le paysage de cette lumière et de ces couleurs qu'il est si difficile de rendre par les mots ou même les photos. Ceux qui se sont déjà rendus en Egypte savent combien la nuit tombe vite dans cette région du monde ; le spectacle éphémère n'en est que plus fascinant encore. Tous les couchers de soleil sont beaux, ceux d'Egypte comme ceux de ma chère Méditerranée. Mais celui d'Amarna a une place à part dans mon coeur : un rêve de toujours venait de se réaliser, celui d'aller à Amarna, et l'antique dieu solaire m'offrait en prime un instant magique d'une beauté et d'une majesté qui font comprendre mieux que tous les livres pourquoi les Egyptiens de l'Antiquité ont pu être à ce point inspirés par leur soleil.



Je vous raconterai plus tard les péripéties de cette journée épique et hélas trop courte, mais je voulais déjà partager ce moment d'émotion, partager ce cadeau que m'a fait l'Egypte sur ce site d'exception.

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Voyages en Egypte
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Lundi 11 février 2008

Il y a quelque temps déjà, nous avions abordé le sujet de la question des langues lorsque l'on voyage en Egypte et qu'on veut communiquer avec la population égyptienne, ou encore mieux ne pas se cantonner à rester entre touristes. Et Xandrine avait suggéré que je vous donne quelques expressions égyptiennes qui peuvent être utiles. En voici l'amorce avec ce premier article, qui vous donnera les formule de politesse de base, entrée en matière qui sera toujours appréciée par vos interlocuteurs égyptiens. Je dois dire dès ce préambule que je suis loin de pratiquer couramment l'arabe égyptien (masri), que j'ai commencé à étudier au retour de mon premier voyage ; mais le peu que je pratique m'a déjà permis de réaliser en 2006 combien la connaissance de quelques mots d'arabe change les rapports qu'on peut avoir avec les Egyptiens. Le maître mot est de ne pas avoir peur, même si la prononciation est approximative ou hésitante, l'effort sera toujours apprécié, tant il est rare que les touristes fassent cet effort - ce qui est vrai, je crois, partout dans le monde.


Très vite après votre arrivée en Egypte, vous apprendrez les salutations, qui se retiennent facilement.  Les formules de politesse, en arabe, appellent de façon générale une réponse codifiée.


bonjour.gif


SabaH el-kheyr
  = bonjour
on y répond de façon codifiée : SabaH en-noor.

Dans la soirée ou le soir, on optera pour :
masa'a el-kheyr = bonsoir
auquel on répond : masa'a en-noor.

Vous entendrez aussi souvent les Egyptiens dire : SabaH el-fool.

salâm (qui signifie à la fois "salut" et "paix") est un peu plus familier et correspondrait à notre "salut".

En principe, l'expression :
es-salâmu 3aleyku ("la paix soit sur vous"), à laquelle on répond de façon codifiée : w 3aleyku es-salâm ("et que sur vous soit la paix"), est réservée aux salutations entre musulmans. Vous pouvez bien entendu l'utiliser même si vous n'êtes pas musulman, on ne vous en voudra pas, mais c'est à mon avis une forme de respect de ne pas l'employer.


au-revoir.gif



Au revoir
se dit : ma3a s-salâma.

marHaba est une formule de bienvenue et de salut à la fois.
Pour exprimer la bienvenue, l'expression consacrée est :
ahlan wa sahlan
à laquelle on répond de façon codifiée :
ahlan bîk (à un homme) / ahlan bîki (à une femme) / ahlan bîku (à plusieurs personnes)


men_fadlik.gif


Pour dire "s'il vous plaît ", on dispose de deux expressions :
law samaHt ( à un homme) / law samaHti (à une femme) / law samaHtu (à plusieurs personnes)
men faDlak ( à un homme) / men faDliki  ( à une femme) / men faDliku (à plusieurs personnes)

La seconde est la plus courante. Vous remarquerez que la forme varie si on s'adresse à un homme ou  à une femme. On s'y fait très vite.

etfaDDal (masculin) / etfaDDali (fém.) / etfaDDalu (pluriel) est une expression qui est employée dans différentes circonstances pour vous inviter à faire quelque chose (entrer, vous asseoir, etc.) et peut se traduire par "je t'en prie".



undefined


Merci se dit shokran, vous le retiendrez très vite ; on y répond de façon codifiée afwan, correspondant à notre "je t'en prie ". Attention, il est en principe impoli en arabe de dire merci après un compliment ; dans ce cas-là, on utilise une autre expression :
Allah yekhallîk (à un homme) / Allah yekhallîki (à une femme) / Allah yekhalliku (à plusieurs personnes)
Bon, on ne vous en voudra pas si vous dites "shokran"

Pour s'excuser, un homme dira âsef, une femme âsefa.

Voilà une première base pour les échanges avec vos interlocuteurs égyptiens, qui apprécieront l'intention. Tout cela se retient et se prononce facilement, et devient vite un automatisme.



NB : pour la prononciation, se reporter à la
page présentant le mode de transcription des sons arabes, classiques et dialectaux.

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Voyages en Egypte
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Jeudi 17 janvier 2008

Voici la suite des conseils de voyage donnés par Henry Cammas et André Lefèvre dans leur ouvrage sur leur visite en Egypte sous Napoléon III, que nous avions déjà rencontrés dans un premier article.


Le contrat de barque était passé entre le voyageur et le propriétaire de la barque. Il détaillait non seulement les caractéristiques du bateau, le trajet et le prix de la location, mais aussi tous les détails pratiques, y compris la composition de l'équipage, les moments de navigation, etc. En général, une partie de la location était payée d'avance au moment d'embarquer et le solde payé au retour. Ce document devait être rédigé en français (dans le cas de voyageurs français, bien entendu) et en arabe, visé par le consulat de la nation du voyageur et garanti par les autorités égyptiennes.


Ensuite, les voyageurs doivent recruter un cuisinier. Cammas précise qu'on trouve des cuisiniers italiens, plus chers et qui sont payés au forfait journalier, ou des cuisiniers arabes, qui sont payés au mois et que l'auteur juge préférables. 


Mais le plus intéressant pour nous, voyageurs d'aujourd'hui, est sans doute la liste que dresse Cammas des diverses provisions à faire avant le départ. Elle donne une bonne idée de l'expédition que représente encore à cette époque le voyage vers la Haute-Egypte. Il conseille de s'approvisionner au maximum à Alexandrie, où " tout est moins cher et plus abondant ".


Pour les provisions de bouche, du lait et du beurre ( " souvent mauvais " , précise-t-il, car il s'agit de semna, beurre clarifié qui surprend aujourd'hui encore les Européens), des oeufs et volailles telles que poules et pigeons (le pigeon est aujourd'hui encore un mets très apprécié des Egyptiens ; il ajoute qu'on peut acheter des dindes à Louqsor ! ). Quelques légumes, avec, outre les conserves (eh oui, déjà ! ) : oignons, concombres, lentilles jaunes ( " très-bonnes " dit-il cette fois ! ), épinards (sans doute l' " épinard égyptien ", ou corete, qu'on utilise en particulier pour la confection de la molokheyya), pommes de terre ; quelques fruits aussi : melons et pastèques. Pour la viande, on se fournit en cours de route en faisant abattre un boeuf ou un mouton, ou en se fournissant chez un boucher dans les villes ; Cammas précise que la viande est bon marché, et qu'elle " se conserve quatre jours" ; sinon, on consomme aussi de la viande en boîtes de conserve. De la farine en tonneau (il conseille celle venant de Trieste) et des grains, des jambons anglais ( "les meilleurs en Egypte"... ), des fromages de Chester et de Hollande ( "les seuls qu'on puisse conserver dans une boîte, sous un linge légèrement humide")... etc.

Il précise qu'on trouve à Qenah du café directement venu d'Arabie par les caravanes de la mer Rouge ; c'est en réalité du café du Yémen, longtemps considéré comme le meilleur au monde.

Parmi les autres provisions, on note de la poudre et des plombs, ainsi que "un grand nombre de cigares communs", qui servent à offrir durant le voyage ; il y a peu de temps encore, les touristes distribuaient des stylos... Outre les tentes pour les bivouacs, il conseille d'emporter quelques fusils et pistolets, ainsi que des "kourbachs" dont il explique que ce sont des nerfs d'hippopotame (eh oui, il y avait encore à cette époque des hippopotames dans le Nil...). Egalement un pavillon aux couleurs de la nation des voyageurs, qu'on hissait chaque matin ou en croisant un autre navire.

Pour terminer, Cammas nous donne les étapes du voyage-type de cette époque, ce qui est très intéressant. Pour le voyageur qui prend une barque à Alexandrie, il remonte par le canal de Mahmoudieh pour rejoindre le Nil aux écluses d'Atfé 1. Il propose une excursion jusqu'à Rosette, qui nécessite deux jours de voyage, et un arrêt à Abou Mandour 2, lieu de pélerinage. D'Alexandrie au Caire par bateau, il faut compter 7 à 8 jours. Il explique qu'on peut aussi, pour gagner du temps, prendre le train Alexandrie-Suez et arriver en 8 heures au Caire, d'où on peut alors embarquer pour la Haute-Egypte. Du Caire à la 2e cataracte, le voyage dure 40 jours, 46 si les vents sont contraires. "Les étapes sont Massara-Adim 3, Cafersnaia 4, Béni-Souef  5, Mahaga 6, Colosaneb 7, Samalud 8, Minieh 9, Rauda 10, Melawi 11, Lamarn 12, Djébel-bou-Affodah 13, Manfalout 14, Syout 15, Aboutig 16, Souaghi 17, Girgeh 18, Farchout 19, Kéneh 20, Négadeh 21, Louqsor, Hermant 22, Esneh, Debbone 23, Gannech 24, Assouan, Philae, Déboud 25, Abou-Hor 26, Costab 27, Thialle 28, Médik 29, Séboua 30, Longa 31, Korosko 32, Kette 33, Toské 34, Formondi 35, Ibsamboul 36, Kosko 37, Ouadi-Alfa 38." Un long périple, qui menait donc les voyageurs aux confins du Soudan.




undefined
 


Notes
:

1 - Ces écluses, dont parlent souvent les voyageurs, étaient l'une des premières occasions de payer les taxes de circulation sur le Nil.

2 - Abou Mandour : site proche de Rosette où se trouve une mosquée que l'on allait fréquemment visiter.

3 - Maasara, entre Le Caire et Saqqarah.

4 - Peut-être Kafr Halâwa, près de Meidoum ?

5 - En arabe Bani Suwayf, en Moyenne-Egypte.

6 - Maghâghah.

7 - Kolosna, en arabe Qulûsana.

8 - Samâlût.

9 - el-Minyeh.

10 - er-Rawdah.

11 - Mallawy.

12 - Peut-être Tell el-Amarna ?

13 - Non localisé.

14 - Manfalût.

15 - Assiout, en arabe Asyût.

16 - Abu Tig, à peu de distance d'Assiout.

17 - Sohag.

18 - Girga.

19 - Farshut.

20 - Qenah, en arabe Qinâ, ville située face au site de Denderah.

21 - Naqada.

22 - Armant.

23 - Peut-être Edfou ?

24 - Peut-être Nag el-Hawsh ?

25 - Dâbûd, entre Assouan et kalabsha, sur les rives du lac Nasser.

26 - Aujourd'hui noyé sous le lac Nasser.

27 - Peut-être Kalabsha ?

28 - Sayyâlah, sur le lac Nasser.

29 - el-Madîq, sur le lac Nasser.

30 - Wadi es-Seboua.

31 - Non localisé.

32 - Kuruskû, sur le lac Nasser.

33 - Qattah, sur le lac Nasser.

34 - Tôshka, pratiquement en face d'Abu Simbel.

35 - Non localisé.

36 - Nom autrefois donné par les Européens à Abu Simbel. En arabe Abu Sunbul.

37 - Ancien chef-lieu de district de Nubie.

38 - Wadi Halfa, à la frontière soudanaise.

Pour les références de l'ouvrage, se reporter au précédent article.

Les illustrations sont en cours de copie par scanner à partir de cartes postales anciennes de ma collection.

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Voyages en Egypte
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Jeudi 10 janvier 2008

Les récits de voyages en Egypte abondent depuis le Moyen Age. Ceux du XIXe s. sont sans doute les plus troublants, car on y retrouve bien des choses et des impressions que l'on a aujourd'hui encore, l'aventure en moins. Je viens de trouver une petite merveille dont j'aimerais partager avec vous quelques passages. Il s'agit du récit d'un voyage qu'ont fait en Egypte, sous Napoléon III, deux Français nommés Henry Cammas et André Lefèvre1. Ils ont passé 9 mois à parcourir le pays, en grande partie sur le Nil à bord d'une dahabieh 2. Le récit en lui-même est un régal, comme toujours dans ces livres anciens ; l'originalité en est sans doute une plus grande passion pour le pays lui-même, une approche plus saine de la population que dans d'autres récits de voyage, même si on y retrouve l'esprit occidental du XIXe s. avec l'idée que l'Occident amène le "progrès" et si le goût de l'orientalisme déforme quelque peu les choses. Mais dès sa préface, Henry Cammas n'écrit-il pas : " l'amour de ce pays, qui sera pour nous une seconde patrie ", ou encore : " point d'histoires forgées à plaisir, mais l'Egypte elle-même " .

Mais le plus passionnant se trouve à la fin de l'ouvrage. En appendice, l'auteur du texte, Henry Cammas, donne une série de conseils pratiques sur les voyages en Egypte. Ils nous introduisent dans l'aventure qu'était alors un tel voyage, nous font toucher du doigt ce qu'était le voyage en Egypte à cette époque. Ce sont eux que nous parcourerons ici.

Cammas évoque d'abord les périodes les plus favorables pour un voyage en Egypte : " Tout voyage en Egypte doit se faire entre les dates extrêmes du 15 septembre et du 15 mars. Pendant les autres mois, la chaleur est intense et la navigation du Nil est pénible. " Cela reste en grande partie vrai aujourd'hui : la période comprise entre septembre et mars est la meilleure, surtout du point de vue du climat ; en ce qui concerne la navigation sur le Nil, la présence du barrage a bien entendu changé les choses. Pour les voyages en dahabieh, les passagers embarquaient en octobre au départ d'Alexandrie, ou en novembre au départ du Caire. Cammas recommande le mois de novembre pour gagner la Haute-Egypte.

Laissons de côté la question des passeports (un régal à lire) et du transport maritime (où l'auteur donne même les tarifs ! ), et disons seulement que le départ pour Alexandrie se fait en général de Marseille. Les bateaux des Messageries Impériales mettent alors une semaine pour effectuer le trajet Marseille-Alexandrie. Alexandrie est pour longtemps la porte de l'Egypte pour la plupart des voyageurs. Nous laisserons aussi de côté l'évocation des hôtels d'Alexandrie et des drogmans 3, qui feront l'objet d'articles spécifiques. Notons seulement avec Cammas que " Pour tout étranger qui veut visiter l'Egypte, le choix d'un drogman est une nécessité absolue. "

Intéressons-nous plutôt à la location de la " barque" , comme l'appelle Cammas. " Le voyage de la haute Egypte ne doit effrayer personne, dès que la bourse est bien garnie. Les femmes et les délicats peuvent conserver toutes leurs aises par delà le tropique. Ils trouvent dans les barques des logements divisés en chambres claires, saines, bien meublées. " Il affirme que les plus belles barques se trouvent à Alexandrie, sur le canal de la Mahmoudieh ; mais qu'on en trouve également au Caire, à Choubrah et au Vieux-Caire. L'équipage se compose d'un " réis " 4, capitaine et agent du propriétaire, et de plusieurs matelots. La location est moins chère au Caire qu'à Alexandrie ; une petite dahabieh avec un salon et deux chambres coûte 25 napoléons (ou 500 fr de l'époque) pour un mois, une dahabieh pour une famille entre 40 et 60 napoléons (entre 800 et 1200 fr de l'époque), les plus grandes 100 napoléons (2000 fr ) par mois. On peut soit louer la dahabieh au mois - ce que recommande Cammas - avec un parcours et des arrêts selon la volonté du voyageur , soit à forfait en convenant d'un prix aller-retour avec des haltes spécifiées à l'avance.

Nous verrons dans le prochain article le contrat de barque, les cuisiniers, les provisions et les étapes...



undefined



Notes


1 - Henry Cammas et André Lefèvre, La Vallée du Nil - Impressions et photographies, éd. Hachette, Paris, 1862. Cet ouvrage peut être librement consulté et même téléchargé sur le site de la BNF,
Gallica .

2 - Dahabieh : barque de voyage pourvue de cabines, qui servait autrefois pour les voyages sur le Nil. Voir à ce sujet un
site recommandé par mon amie Anne-Marie .

3 - Drogman : guides et interprètes européens installés en Egypte, souvent des aventuriers hauts en couleurs, parfois même des agents de renseignement à la solde des nations occidentales.

4 - En arabe ra'îs, voir au sujet de ceux d'aujourd'hui l'
article que leur a consacré Anne-Marie.


PS : j'ajouterai ultérieurement des illustrations à partir de cartes postales anciennes que je suis en train de scanner pour vous.

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Voyages en Egypte
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 7 novembre 2007

Quand on se rend dans un pays, quel qu'il soit, la question linguistique se pose. Vous me direz, tout dépend pourquoi et comment on y va ; si on part en voyage organisé ou en hôtel-club et qu'on souhaite de toute façon rester entre soi, effectivement la question ne se pose guère. Mais il me semble que ce qui est intéressant en se rendant à l'étranger, c'est aussi de pouvoir aller à la rencontre de la population. Non ?



affiches-caire.jpg




Tout d'abord, quelle langue les Egyptiens pratiquent-ils dans leur
 quotidien ? Il faudra y consacrer un article spécifique, mais il est intéressant de déjà aborder la question.  L'arabe, bien entendu, ou plutôt plusieurs formes d'arabe, en fonction du contexte, de leur origine ou du lieu dans lequel ils habitent. Comme dans tout le monde arabe, il existe une langue destinée à l'écrit et aux médias ; cette langue est commune à tous les pays arabes et est appelée arabe littéral (al-fusHa, en arabe). Mais il faut préciser que beaucoup d'Egyptiens ne savent encore pas lire, ou très peu. La langue courante, celle de tous les jours, est l'arabe dialectal égyptien, qui connaît plusieurs variantes régionales, surtout deux grands dialectes : le masri du Caire et de sa région et le sa'idi de Haute-Egypte. Le masri est compris dans pratiquement toute l'Egypte, puisqu'une sorte de dialecte égyptien commun s'est développé à partir de lui dans les médias (télévision, radio) et la chanson.




La pratique de l'anglais de base est quasiment indispensable pour voyager en Egypte en s'assurant un minimum d'indépendance. De par l'importance du tourisme dans le pays, les langues étrangères sont pratiquées par de nombreux Egyptiens. Au cours de leur scolarité, ils apprennent prioritairement l'anglais, qui est sans doute la langue étrangère la plus répandue. Bien sûr, vous trouverez toujours un Egyptien qui parle ne serait-ce que quelques mots de français ; mais il faut avouer que si vous ne parlez pas du tout anglais, vous aurez souvent des difficultés à vous faire comprendre, en particulier dès que vous mettrez le nez hors de votre hôtel - parfois même à l'hôtel vous pourrez être embarrassé ou vivre des scènes cocasses. Il est donc conseillé de parler un peu anglais, ou de s'adjoindre quelqu'un qui parle anglais - c'est pratique, mais on peut être frustré de ne pas comprendre les conversations.


Vous verrez que beaucoup d'Egyptiens, en tout cas parmi ceux avec lesquels vous serez en contact, sont très curieux en matière linguistique et retiennent vite ce que vous leur apprendrez. Ils n'hésiteront d'ailleurs pas à vous demander comment on dit un mot dans votre langue, et le placeront sans problème lorsque vous les reverrez.



shokran-afwan.gif



L'idéal est de connaître au moins quelques mots d'arabe, ne serait-ce que quelques expressions de base. Les Egyptiens y sont sensibles et vous verrez que cela changera vos rapports avec eux ; cela fait toujours plaisir de rencontrer quelqu'un qui fait l'effort d'essayer de parler votre langue, c'est naturel. Vous allez me dire que l'arabe est une langue difficile : l'avantage du dialecte égyptien, c'est que les sons sont beaucoup plus simples qu'en arabe littéral, les sons les plus compliqués à prononcer pour un Occidental ayant une forme simplifiée. Et à force d'entendre, vous aurez tôt fait de vous faire l'oreille et d'apprendre à prononcer. Il y a d'ailleurs des expressions que vous adopterez tout naturellement. Si vous connaissez l'arabe littéral, mais pas le masri, vous serez en général compris, et les Egyptiens, là encore, n'hésiteront pas à vous apprendre à dire la même chose dans leur propre dialecte.


Un maître mot, donc : ne soyez pas timides mais au contraire curieux en matière linguistique, vous en retirerez des moments inoubliables - je me souviens en souriant de ce vendeur du Khân qui a été surpris puis m'a pris dans ses bras parce que je lui avais répondu en masri. Et révisez votre anglais de base ; pas la peine non plus d'aller trop loin, avec les gestes et quelques mots d'arabe et de français mélangés à tout ça, vous vous en sortirez.


voiture-bondee.gif


Bon, maintenant, si vous êtes totalement allergiques aux langues étrangères, il ne vous expressions284.gifreste qu'une solution : voyager en troupeau ! Mais là, il ne faut pas être allergique aux troupeaux.... 

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Voyages en Egypte
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Dimanche 4 novembre 2007

Je suis allé au Caire pour la première fois en 2004, lors d'un voyage organisé. Un très court séjour de 2 nuits avant une croisière en Haute-Egypte. Et dès l'amorce de l'atterrissage de nuit, ce fut le coup de foudre absolu dont je ne me suis pas remis depuis et qui ne s'est pas démenti. Pour cette première fois, depuis l'hôtel Concorde es-Salam, à Héliopolis, où nous étions logés, je n'ai fait qu'effleurer celle que je qualifierais de "Merveilleuse", cette gigantesque ville envoûtante. Qui palpite jour et nuit, avec ses contrastes et ses pages d'histoire d'horizons divers, son tumulte qui curieusement n'a rien d'angoissant. De la ville elle-même, nous ne visiterons que peu de choses : le musée égyptien surtout, et le Vieux Caire, la mosquée Refa'i, puis un passage express au Khân. Et puis ce que nous apercevrons lors de nos déplacements en bus : l'insolite villa du baron Empain à Héliopolis, la Citadelle, la mythique Cité des Morts, l'aqueduc médiéval... Et ce quotidien dans lequel on aimerait avoir le temps de se plonger. Je goûte, le soir venu, les chants des muezzins des mosquées environnantes qui se mêlent. Je suis sous le charme, et je me jure de revenir un jour. C'est les larmes aux yeux que je m'envole alors pour Abu Simbel... Un peu frustré de ce passage furtif, mais heureux de la rencontre.



sultan-hassan.jpg 1


De retour en France, je n'oublie pas la capitale égyptienne. Je rêve de pouvoir prendre le temps de la découvrir, je fais des recherches sur ses trésors. Et lorsque se dessine le projet de retourner en Egypte, il m'apparaît évident de passer suffisamment de jours au Caire pour explorer un peu plus la ville. Je fais inscrire au programme la visite d'un certain nombre de monuments islamiques et souhaite avoir assez de temps libre pour flâner. 



mehemet-ali.jpg 2


Et en décembre 2006, retour au Caire au terme d'un périple à travers l'Egypte avec Theti. Nous arrivons d'Hurghada au son d'un album de Nancy Ajram dont je reprends les airs avec les chauffeurs de notre minibus. Cette fois, nous ne sommes que deux, nous pouvons nous plonger dans le tumulte cairote. Nous sommes logés plus près du centre, dans le quartier de Dokki, à l'hôtel Pharaoh. Nos visites complètent ce que je n'avais pu voir la première fois : la Citadelle et sa mosquée de Mehemet Ali, les mosquées Sultan Hasan et Ibn Tulun, des mausolées mamluk du cimetière Nord (Qayit Bay, Farag ibn Barquq, el-Ashraf Barsbay). Promenade et emplettes au Khân, shisha au café Fishawi, bien sûr. Et puis nous retrouvons mon amie Josiane, qui vit au Caire et qui va nous en faire découvrir d'autres facettes, avec le peu de temps dont nous disposons tous trois. Elle s'efforce de nous montrer tous les aspects, au-delà des clichés, sans fard. Elle nous entraîne au-delà de Bâb Zuweyla, dans le quartier du marché des fabricants de tentes, mais en nous montrant l'envers du décor en nous faisant entrer dans une arrière-cour dans laquelle travaillent des artisans. Nous prenons un verre près du complexe d'el-Ghori, tandis que les pigeons cairotes entament dans le ciel leur danse du soir. Une autre fois, c'est Le Caire du XIXe s. et de la Belle Epoque qu'elle nous fait entrevoir. Nous dînons ensemble et je goûte enfin la molokheyya et le pigeon farci, deux délices égyptiens. Josiane est une vraie amoureuse du Caire elle aussi, sans concessions et avec lucidité ; tout comme Anne-Marie qui n'a pas pu nous rejoindre.



pigeons-caire.jpg 3


En revenant au Caire, j'ai eu le sentiment étrange d'être revenu dans un lieu familier, fe l-bilad, "au pays". Je m'y sens bien, malgré la pollution, malgré la circulation intense. Je suis émerveillé et définitivement conquis. Et je me jure une fois de plus de revenir encore, et pour plus de temps. Insha'a l-llah. 



artisan-caire-copie-1.jpg 4


Cette ville est très particulière. La plus grande ville du continent africain produit en général sur ceux qui s'y rendent un effet qui ne saurait être tiède : on adore ou on déteste, mais on ne peut rester indifférent. Il y a ceux qui ne peuvent dépasser la pollution et que le fourmillement rend mal à l'aise. Et puis il y a ceux qui tombent amoureux à jamais ; je suis de ceux-là !




Illustrations (Kaaper)

1 - Mosquée Sultan Hassan.
2 - Mosquée Mehemet Ali dans la Citadelle.
3 - La danse des pigeons le soir dans le ciel cairote.
4 - Un sculpteur sur bois, dans les coulisses du Caire médiéval.

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Voyages en Egypte
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander

Papyrus d'identité

  • : Horizons d'Aton - Beyt Kaaper
  • horizons-d-aton
  • : weblogs
  • : Une demeure perdue quelque part entre rêve et réalité, dans les sables du désert égyptien ou en plein milieu de la Méditerranée. Tournée vers l'horizon. Les horizons de l'Est et de l'Ouest, comme disaient les anciens Egyptiens... Des horizons divers. Une demeure un peu folle, pour abriter des rêves un peu fous, des passions, des émotions, des coups de coeur...
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Bilbiothèque