Mercredi 9 avril 2008

Je viens d'acquérir une série de photos stéréoscopiques1 du début du XXe s. montrant des sites égyptiens, et je m'empresse bien sûr de venir les partager avec vous.






La première montre le temple de Louqsor, vu à partir du pylône de Ramsès II en direction du sud-ouest. On reconnaît au premier plan la mosquée Abu l-Haggag2, avec ses deux minarets et la coupole qu'on aperçoit derrière le premier, et la grande cour de Ramsès II.  Derrière le 2e minaret, la colonnade d'Amenhotep III3, puis au fond la cour d'Amenhotep III3. Et bien entendu, en toile de fond, le Nil. Vous remarquerez à gauche, sur le côté de la cour d'Amenhotep III, des habitations qui n'ont pas encore été abattues à l'époque où la photo a été prise.








La seconde nous montre le temple de Philae tel qu'il se présentait avant la construction du barrage4. On peine à reconnaître le site, qui a d'abord été en partie immergé avant d'être finalement déplacé sur une île voisine. Au centre, on aperçoit le temple d'Isis et son grand pylône, et sur la gauche les colonnes du kiosque de Trajan. Emouvant témoignage de ce qu'ont pu voir les voyageurs d'autrefois.







La dernière fait partie de ces " scènes ethniques " qui étaient tant appréciées au début du XXe s. , mises en scène par les photographes pour satisfaire le goût d'exotisme du public sans toujours refléter ou comprendre la réalité du pays5. La photo a ici pour sujet principal un certain Tigran Bey, présenté comme un aristocrate local de Saqqarah ; monté sur superbe cheval arabe et richement vêtu, il est suivi par un second personnage présenté comme son serviteur. La scène se déroule dans les champs, à l'orée d'une palmeraie. Mais si on regarde plus attentivement, on distingue au lointain un autre élément : la pyramide à degrés de Djoser, symbole majeur de la nécropole de Saqqarah.





Notes
:


1- Une page est en préparation sur l'historique de la photographie stéréoscopique et son principe.
2- Nous reparlerons prochainement de cette mosquée.
3- Ou Amenophis III, selon l'appellation grecque ; je préfère celle d'Amenhotep, adoptée par les pays anglophones, car elle est plus proche du nom égyptien originel.
4- Construit de 1902 à 1908, puis réhaussé en 1912 et 1933.
5- Certaines de ces scènes mettent d'ailleurs aujourd'hui très mal à l'aise, car elles reflètent un état d'esprit qui ne fait pas honneur à la civilisation occidentale - c'est l'époque où on " reconstitue " aussi des " scènes ethniques " lors des expositions universelles ou coloniales, exhibant des êtres humains à la curiosité malsaine des badauds en mal d'exotisme... Même si certaines photos de ce type constituent de vrais documents sur la vie d'autrefois, beaucoup sont des mises en scène qui montrent le décalage entre le regard porté sur le pays et sa réalité : voilà qui nous incite aujourd'hui encore à réfléchir, non ?


(photos : collection de l'auteur)


PS : mon amie Michelle m'a indiqué en commentaire des photos de sa galerie qui permettent de faire le parallèle entre l'Egypte des photos anciennes et celle d'aujourd'hui, en particulier avec le précédent article sur les pyramides de Gizeh telles qu'on ne les voit plus. Vous trouverez ces photos ici et ici , et ne manquez pas de parcourir les galeries et le blog de Michelle, dont nous reparlerons bientôt.  

 

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Horizon du collectionneur
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Lundi 24 mars 2008

Voici quelques images issues de ma collection sur l'Egypte, cartes postales et photos, qui nous montrent les pyramides de Gizeh telles qu'on pouvait les voir au début du XXe s. L'inondation, qui venait apporter l'eau du Nil à proximité de ces monuments grandioses, comme c'était le cas dans l'Antiquité et comme on a du mal à l'imaginer aujourd'hui. Mais aussi des scènes de vie agricole, qui semblent sorties des bas-reliefs ou des fresques des tombeaux. Une vie rurale qui tend aujourd'hui à disparaître à grands pas, et on ne peut que s'en féliciter pour les paysans égyptiens, il ne faut pas considérer que ce qui nous semble pittoresque. La vie du fellah égyptien n'évolue cependant pas autant qu'il le faudrait, il reste difficile pour les fellahîn  de moderniser l'exploitation de leurs parcelles, à la fois parce que l'outillage moderne est très cher et parce que la taille des parcelles ne s'y prête que difficilement.

 

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Les pyramides au temps de l'inondation, se reflétant dans les eaux du Nil : une vision qu'on imagine mal aujourd'hui et qui permet de rectifier l'idée que nous pouvons en avoir, en leur rendant l'aspect qu'elles pouvaient avoir à cette saison dans l'Antiquité. (Carte postale colorisée, début XXe s., coll. Kaaper)

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Trois scènes de vie agricole à deux pas des pyramides, la dernière étant une vue stéréoscopique qui permettait grâce à un appareil de voir des images en relief. Documents précieux sur la vie dans les campagnes égytpiennes, et scènes qu'on a du mal là encore à imaginer aujourd'hui tant l'urbanisation s'est développée à Gizeh, qui compte aujourd'hui plus de 2 millions d'habitants.
(Cartes postales photographiques en noir et blanc , vers 1920 ? , coll. Kaaper ; & photo stéréoscopique noir et blanc, années 1900, coll. Kaaper)

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Horizon du collectionneur
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Samedi 8 mars 2008

Parmi mes passions numismatiques, celle des monnaies islamiques médiévales, principalement d'Egypte, bien sûr. Ce qui m'a amené à faire quelques recherches. Voici donc, comme nous l'avions vu pour les monnaies romaines, un aperçu rapide du monnayage arabe ancien, ou plutôt arabo-turc puisque les Turcs arrivent dans la région au Moyen Age et adoptent dans un premier temps le monnayage arabe. Il ne sera pas question ici des monnaies islamiques de l'Inde ou d'Asie.


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On trouve essentiellement dans le monde musulman ancien trois types de monnaies :

- une monnaie d'or, le dinar (arabe دينار ), dont le nom vient du denier d'argent romain (denarius) et qui est encore la monnaie de nombreux pays musulmans. Mais elle est plus rare que les suivantes.

- une monnaie d'argent, le dirham (arabe دِرْهَم ), dont le nom vient de la drachme gréco-romaine. Il est encore aujourd'hui la monnaie de certains pays musulmans, comme le Maroc ou les Emirats.

- une monnaie de cuivre, le fals (arabe فَلس ), qui signifie aujourd'hui en arabe "pièce de monnaie et dont le pluriel "fulûs" (arabe فُلوس ) désigne encore l'argent en arabe dialectal égyptien de nos jours.



Les Origines :


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Dirham arabo-sassanide (VIIe s.).


Les toutes premières monnaies islamiques reprennent les modèles sassanides et byzantins. Pour les monnaies d'argent, on imite d'abord le modèle des drachmes sassanides et les premières monnaies arabo-sassanides apparaissent dès 652 : ce sont des dirham d'argent avec à l'avers le portrait du souverain et à l'avers des représentations variables ; ce qui les distingue des monnaies sassanides est l'emploi de caractères arabo-persans dans les inscriptions qui figurent à côté du portrait du souverain et sur le pourtour. On imite également les dinars d'or sassanides.


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Fals arabo-byzantin, frappé à Emèse (VIIe s.) : l'iconographie reste chrétienne comme sur les monnaies des empereurs byzantins (remarquer la croix sur la tête et souverain et le globe surmonté d'une croix), seules les inscriptions en arabe permettent d'identifier la monnaie comme arabo-byzantine.


Dans le même temps émerge le fals, qui reprend pour sa part les modèles du nummus de cuivre des empereurs byzantins du VIIe s. On les qualifie donc de monnaies arabo-byzantines. Très souvent, l'iconographie reste chrétienne et le fals se différencie par la présence d'inscriptions en caractères arabes, ce qui produit des monnaies étranges qu'on pourrait prendre au premier abord pour byzantines.



Les Omeyyades (661 - 750) :

Les Omeyyades opèrent en 696-698 une réforme importante du monnayage arabe.


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Dirham omeyyade d'Umar, frappé à Damas (719).


Le dirham d'argent voit disparaître toute représentation et ne porte plus que des inscriptions calligraphiques ; disparaît aussi le nom du calife. La monnaie porte alors des inscriptions d'inspiration religieuse, souvent un élément de datation et le nom de l'atelier de frappe. Ce modèle de dirham mis en place par les Omeyyades restera la référence de la monnaie arabe durant des siècles, les dynasties suivantes n'apportant que des variantes.



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Fals omeyyade, frappé à Damas (700).


Quant aux fals de cuivre, leurs formes encore très variées.





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Demi-dirham arabo-sassanide du Tabaristan, qui montre comment on évolue vers une disparition de la représentation hmaine : ici le visage du souverain est remplacé par un losange (VIIIe s.).



C'est à la fin du VIIe s. qu'apparaît le dinar d'or, de forme circulaire, avec d'un côté une inscription calligrahique religieuse et de l'autre le nom et les titres du prince qui le faisait frapper ; on n'y trouve en général pas de marque d'atelier ni de date. Son poids restera fixé autour de 4,50 g. Il restera tout au long de son histoire semblable au dirham, dont il suivra les évolutions.




Les Abbassides (750 - 1258) :





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Dirham abbasside d'al-Mansûr, frappé à al-Kufa (761).



La grande caractéristique des monnaies abbassides est l'allongement des lettres horizontales dans les inscriptions calligraphiques. Si le nom du calife n'est toujours pas présent sur les premières monnaies abbassides, il commence à apparaître sur certaines monnaies du règne d'al-Mahdi (775-785) ; il s'imposera par la suite et deviendra de règle.

Le monnayage proprement abbasside cesse au début du XIe s. , quand les Buwayhides réduisent les califes abbassides à l'état de chefs religieux de principe. Ainsi, le nom du calife abbasside est mentionné sur certaines monnaies d'autres souverains effectifs, par référence à son rôle de chef spirituel des croyants. 

Dès le début du IXe s. , l'empire abbasside commence lentement à se désagréger, avec des provinces qui se déclarent indépendantes et un calife dont le pouvoir n'est plus que purement formel. Les monnaies comprises entre le IXe et le XIe s. sont elles aussi strictement calligraphiques. Les dénominations se multiplient, avec en particulier des fractions   ou des multiples du dirham et du dinar (par exemple le demi-dirham, le double dirham ou le double dinar). Les inscriptions deviennent plus longues qu'auparavant, car elles comprennent le nom de celui qui fait frapper la monnaie, celui de son suzerain et celui du calife.




Les Seldjoukides et les Ayyoubides (IXe - XIIIe s.) :



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Fals seldjoukide, frappé à Ispahan (XIe s.).





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Dirham seldjoukide de Rum, frappé à Siwas (1241), sur lequel on voit apparaître un lion et le soleil, ainsi que l'inscription dans un carré au revers.


Les Turcs seldjoukides sont en pleine expansion au IXe s. et entrent en conflit avec les Abbassides. L'empire qu'ils fondent s'effondre cependant dès le XIIe s. et ne survit plus que sur le territoire de l'actuelle Turquie avec les Seldjouks de Rum. Les Seldjoukides ont de nombreux vassaux (atabeg), comme les Zangides d'Iraq et de Syrie ou les Artouqides de Turquie orientale ; ces vassaux frappent eux-mêmes de nombreuses monnaies.



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Dirham ayyubide de Salah ad-Dîn, frappé en Egypte (XIIe s.).





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Fals ayyubide d'al-Aziz Uthman, frappé en Egypte (XIIe s.).



Dans le même temps, l'Egypte, qui était sous la domination des Fatimides d'Afrique du Nord, est conquise par les Ayyoubides qui créent un état indépendant dont le célèbre Salah ad-Dîn (connu sous le nom de "Saladin" en Occident) est le fondateur.

Des Etats chrétiens de cette période frappent eux aussi des monnaies avec des inscriptions et selon des modèles arabes, comme les Normands de Sicile, les Croisés du Levant, ou encore les rois de Géorgie ou de Hongrie. Les chrétiens d'Espagne eux-mêmes copient des monnaies arabes.



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Dirham de cuivre zangide , frappé à Mosul, avec un portrait de profil qui n'est pas sans rappeler les monnaies antiques nabatéennes, inscrit dans un carré, et au revers des inscriptions plus traditionnelles (1234).



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Dirham de cuivre artouqide, frappé à Mardin, avec à l'avers un portrait repris des monnaies antiques et au revers une inscription arabe (XIIe s.).


Durant cette période, les monnaies évoluent, avec un développement des thèmes figuratifs, en particulier chez les vassaux des Seldjoukides. Les encadrements et bordures non circulaires se multiplient, comme le carré des Ayyoubides de Damas. L'étoile, comme l'étoile à six pointes des Ayyoubides d'Alep, est également un motif très courant.




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Dirham ayyoubide d'al-Kamil Muhammad, frappé à Damas, avec le carré caractéristique (XIIIe s.).




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Dirham ayyoubide d'az-Zahir Ghazi, frappé à Alep, avec l'étoile à six branches caractéristique.





Les Mamlouks (XIIIe - XVIe s.) :

Les Mamlouks renversent la dynastie Ayyoubide et constituent un Etat indépendant englobant l'Egypte, la Palestine et la Syrie. On distingue deux dynasties : les Bahrides (mlieu XIIIe s. - fin XIVe s.) et les Burgides (fin XIVe s. - début XVIe s.).


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Dirham bahride d'an-Nasir Muhammad (début XIVe s.).


Leur monnayage est très varié en fonction du lieu de frappe et se distingue largement des modèles antérieurs. On abandonne par exemple en général les bordures qui étaient jusque là de rigueur. Le nom du sultan apparaît sur ces monnaies. Nous n'en parlerons pas plus pour le moment, puisque nous les rencontrerons à nouveau au sujet de l'Egypte.



Les Ottomans (à partir du XIVe s.) :

Les Seldjouks de Rum, qui s'étaient maintenus, disparaissent en 1307. Il en résulte que l'Anatolie se trouve divisée en un grand nombre de petites principautés (beylik). Parmi celles-ci, les Ottomans vont progressivement prendre le contrôle de l'Anatolie, avant de prendre pied en Europe. L'expansion de leur empire est inexorable à partir de la prise de Constantinople (1453), avec la conquête de l'Egypte (1517) puis du Maghreb.



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Akcheh Isfandiyaride (beylik) (fin XIVe s.).



La principale monnaie des beylik et des premiers ottomans n'est plus le dirham arabe, mais l'akcheh d'argent, à côté de laquelle on trouve le manghir de cuivre. Au XIVe s., les inscriptions varient. Puis au XVe s., les Ottomans prennent l'habitude de mentionner sur leurs monnaies d'argent la date d'accession au trône, le lieu de frappe et le nom du sultan.




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Akcheh ottomane de Mehmet II, frappée à Istanbul (1470).



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Manghir ottoman de Mehmet II (fin XVe s.).



Vous retrouverez dans une page spécifique une liste des différents royaumes et états arabes ou turcs ayant frappé des monnaies durant ces différentes périodes et leur localisation géographique, avec des informations complémentaires sur les spécificités de leur monnayage. 



Une astuce pour distinguer les monnaies islamiques :

Il est évidemment plus pratique de pouvoir lire l'arabe quand on s'intéresse aux monnaies islamiques anciennes. Mais ce n'est pas toujours le cas, et quand bien même les différentes calligraphies ne facilitent pas toujours la lecture, d'autant que les monnaies sont souvent de petit diamètre.



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Dirham omeyyade d'al-Walid, frappé en 709 à Damas ; on peut lire au centre l'inscription :  
لا اله الا الله وحيد
lâ ilaha illâ l-llah waHîd.




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Fals omeyyade frappé vers 700 sur lequel on peut lire sur l'avers (à gauche) :
لا اله الا الله وحيد
lâ ilaha illâ l-llah waHîd.

et au revers (à droite) :
محمد رسول الله
Muhammadu rasûlu l-llah.


Une astuce consiste à connaître un certain nombre d'inscriptions courantes d'inspiration religieuse que l'on retrouve sur la plupart des monnaies arabes médiévales. Voici les plus courantes, avec leur graphie arabe vocalisée et non vocalisée (les voyelles brèves n'étant pas obligatoires à l'écrit en arabe, et elles ne le sont en général pas dans les inscriptions ; mais on peut trouver des inscritpions vocalisées), leur translittération et leur signification :


- لا إلَهَ إلاَّ الله
لا إله إلا الله


lâ ilaha illâ l-llah
"il n'y a de dieu que Dieu" *




- مُحَمَّدُ رَسُولُ الله
محمد رسول الله
muHammadu rasûlu l-llah
"Muhammad est le Messager de Dieu" *





- ألله وَحِيد
الله وحيد
Allah waHîd
"Dieu est Unique" **

* ce sont des passages de ce que les musulmans appellent la shahâda, ou profession de foi musulmane, l'un des Piliers de l'Islam.

** c'est un des 99 noms d'Allah.



Si vous lisez l'arabe, vous pourrez ensuite essayer de déchiffrer sur votre monnaie le nom du souverain, qui se trouve sur l'une des faces.



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Liens :


Sur les monnaies islamiques anciennes, je vous recommanderais particulièrement deux sites qui sont très bien faits et illustrés, dont sont tirées les illustrations de cet article :

- le
site de James N. Roberts sur les monnaies islamiques anciennes (en anglais), .

-
The Maskukat Collection, site consacré aux monnaies islamiques et méditerranéennes médiévales (en anglais et en arabe).

Enfin, vous pouvez également consulter le site de l'
Islamic Coins Group, qui fournit de nombreuses informations et des liens. 

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Horizon du collectionneur
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Jeudi 7 février 2008

Les Romains utilisent d'abord les monnaies grecques et développent dès le IVe s. un embryon de monnaie avec la tradition des lingots de bronze. Pour les premières véritables monnaies romaines, on commence par copier les monnaies grecques, drachmes et didrachmes.  C'est à l'époque des guerres puniques, sous la République, que se met en place un véritable système monétaire proprement romain. A l'origine, les monnaies sont frappées à Rome dans le temple de Juno Moneta, au Capitole.


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Juno Moneta représentée sur un denier du Ier s. av. JC, comme l'indique l'inscription à gauche.



A l'époque républicaine, on trouve dans un premier temps diverses monnaies de bronze :

- le quadrans valant 1/4 d'as
-le semis valant 1/2 as
- l'as, qui sert de référence
- le dupondius valant 2 as
- le sesterce valant 2,5 as



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Un denier (denarius) du IIIe s. av. JC, avec Rome casquée à l'avers et les Dioscures à cheval au revers ; le X à gauche du buste de Rome est le symbole du denier, car il valait à l'origine 10 as.


Le système est réformé au cours du  IIIe s. av. JC avec l'apparition d'une monnaie d'argent, le denier, qui a une valeur de 10 as. Et c'est au IIe s. av. JC que le système se fixe, avec ces nouvelles valeurs, le sesterce devenant la monnaie de référence :

- l'as, valant d'abord 1/2 sesterce, puis passe à 1/4 de sesterce
- le sesterce, qui vaut d'abord 2,5 as, puis 4 as
- le quinaire, qui vaut 2 sesterces (mais doit son nom au fait qu'il vaut 5 as)
- le denier d'argent, qui vaut 4 sesterces



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Aureus, ou monnaie d'or, de l'empereur Auguste, initiateur du système monétaire de la Rome impériale.



C'est avec l'empire, au Ier s. av. JC, qu'apparaît une monnaie d'or, l'aureus, dont les premiers exemplaires sont frappés sous César. Auguste met au point un système monétaire plus complexe, avec des monnaies de différents métaux. On trouve ainsi :



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Le célèbre "Col-Nem", as de Nîmes d'époque augustéenne, avec à l'avers Auguste et Agrippa placés dos à dos comme les représentations de Janus, et au revers le crocodile et le palmier avec l'inscription COL NEM signifiant "Colonia Nemausus" (nom latin de Nîmes).


* les monnaies de cuivre :
- le quadrans, de la valeur de 1/4 d'as
- le semis, de la valeur de 1/2 as
- l'as




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Sesterce augustéen frappé à Lyon, avec à l'avers le buste d'Auguste et au revers le grand autel de Lugdunum.

* les monnaies de bronze ou de laiton :
- le dupondius, de la valeur de 2 as et de 1/2 sesterce
- le sesterce, de la valeur de 4 as et de 1/4 de denier




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Denier d'époque augustéenne frappé à Lyon, avec à l'avers Auguste et au revers deux soldats présentant des branchages à l'empereur assis sur une estrade à droite.

* les monnaies d'argent :
- le quinaire d'argent, de la valeur de 1/2 denier
- le denier



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Quinaire (quinarius) d'or d'époque augustéenne frappé en Espagne, avec à l'avers l'empereur et au revers la Victoire juchée sur un globe.

* les monnaies d'or :
- le quinaire d'or, de la valeur de 12,5 deniers
- l'aureus, de la valeur de 25 deniers





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Antoninianus de Caracalla, avec à l'avers le buste de l'empereur à couronne radiée et au revers Diane conduisant un bige de taureaux.


Au cours de la période impériale, le denier se dévalue et perd de sa teneur en argent, celui-ci étant mélangé à d'autres métaux. Caracalla, au IIIe s. , crée une nouvelle monnaie d'argent, l'antoninianus, qui a la valeur de 2 deniers et ne compte plus que 50% d'argent. Cette teneur en argent de l'antoninien ne cessera de décroître, tandis que le sesterce aura tendance à s'éclipser. L'aureus, quant à lui, n'est frappé qu'en petites quantités. A la fin du IIIe s. Dioclétien lance une nouvelle réforme monétaire et crée deux monnaies : le follis, alliage d'argent qui remplace l'antoninien, et l'argenteus, monnaie d'argent. La dernière grande réforme est opérée par Constantin, qui crée une nouvelle monnaie d'or, le solidus, et ses divisions que sont le semissis (1/2 solidus) et le tremissis (1/3 de solidus).


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Solidus de Constantin frappé à Antioche, en Syrie, avec à l'avers le buste impérial lauré et au revers l'empereur à cheval tenant un sceptre.



Provenance des illustrations : base de données Wildwinds.

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Horizon du collectionneur
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Dimanche 25 novembre 2007

Boulaq... Un nom qui ne nous dit plus grand chose aujourd'hui, mais qui fut autrefois le poumon commercial de l'Egypte et plus tard le passage obligatoire de tous les voyageurs arrivant d'Alexandrie. La carte postale que j'ai choisie montre le port de Boulaq en 1907, avec les felouques amarrées aux quais. Une carte colorisée comme on les aimait à l'époque et qui nous semblent si charmantes. Dans celle-ci, les couleurs, habituellement assez criardes, sont traitées de façon plutôt subtile. 



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Le port fut fondé à l'époque mamlûk, au nord de Misr el-Qadima (la vieille ville issue de la forteresse antique) et à l'ouest de la ville médiévale, face à l'île de Gezira (appelée aussi d'ailleurs "Gezirat Bolaq", île de Boulaq). A l'origine, Boulaq était devenue grâce au port une bourgade de la banlieue cairote, qui ne tarda pas à être absorbée par la capitale égyptienne ; aujourd'hui, Boulaq est un des quartiers du Caire. C'est à Boulaq qu'étaient débarquées et embarquées les précieuses marchandises qui affluaient vers l'Egypte à une époque où elle contrôlait encore une partie du commerce entre Orient et Occident ; des produits du monde entier s'y échangeaient. Le port connut son apogée au XVIe s. , puis déclina après la découverte du passage par le contournement de l'Afrique par les Portugais, pour perdre totalement son importance aux XVIIIe et XIXe s. 


Au XIXe s. et au début du XXe s. , la plupart des voyageurs venus visiter l'Egypte arrivaient au Caire par voie fluviale depuis Alexandrie, le port de mer qui était pour eux la porte du pays. Pratiquement tous les récits de voyageurs nous parlent du port de Boulaq.


Je ne résiste pas à l'envie de vous proposer un exemple d'un tel récit :

"Les ports de Boulaq et du Vieux Kaire offrent d'autres distractions. C'est sur leurs rives que se débarquent les produits du Delta et de l'Europe, de la Nubie et du Saïd. Dans les vastes okels ou magasins destinés à les recevoir, règne une activité prodigieuse. (...) Les bords du fleuve sont encombrés de chaloupes et de djermes* richement chargées, pendant que d'autres embarcations, livrant leurs voiles triangulaires à la brise, refoulent le courant, et se croisent dans toutes les directions." (in Louis Reybaud, Histoire scientifique et militaire de l'Expédition française en Egypte, tome III pp. 249-250 , éd. Gagnard-Dénain, Paris, 1830). * au XIXe s., barque égyptienne à deux mâts.


Enfin, c'est, et nous en reparlerons plus longuement dans un prochain article, à Boulaq que Mariette Pacha créa le premier embryon du futur musée archéologique égyptien du Caire, avant que ne soit construit le bâtiment actuel.



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La carte, comme le montre le tampon, a été postée de Boulaq le 13 novembre 1907... il y a 100 ans, c'est émouvant, non ?



Voici un
lien qui vous permettra d'avoir des vues anciennes de Boulaq, ainsi que des plans anciens, sur le site Egypte d'antan.


Encore une carte postale qui nous amène à découvrir des fragments de l'histoire de l'Egypte...

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Horizon du collectionneur
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Samedi 10 novembre 2007
 
La première des cartes postales anciennes sur l'Egypte de ma collection que je choisis de vous montrer témoigne d'un événement qui était autrefois très marquant chaque année en Egypte : la procession pour le départ de la Kiswah, cette étoffe précieuse qui recouvre la Ka'aba dans le sanctuaire de La Mecque. Ce cliché qui date d'environ 1906 est un témoignage historique, car cette coutume a aujourd'hui disparu. Et une nouvelle occasion de faire des recherches pour comprendre l'image que l'on a sous les yeux.









Selon une tradition pré-islamique commune à tout le Mashreq, la
Ka'aba, lieu le plus sacré pour les musulmans, est recouverte d'une étoffe, la Kiswah, dès l'époque du Prophète. L'étoffe se fait de plus en plus précieuse, en soie brodée d'or ; depuis les abbassides, au IXe s., cette étoffe est de couleur noire. C'est à partir du règne du sultan ayyubide égyptien el-Malik es-Salih Nagm ed-Dîn Ayyûb (sultan de 1240 à 1249) que la Kiswah est traditionnellement fabriquée chaque année en Egypte et emportée par une caravane jusqu'à La Mecque juste avant le grand pélerinage du Hagg. Son départ du Caire donnait lieu à une grande procession, appelée le Mahmal. A l'époque mamlûk, le sultan assistait au départ de la Kiswah depuis la plate-forme de Bâb Zuweyla, porte par laquelle l'étoffe sacrée quittait la ville. La tradition de fabriquer la Kiswah en Egypte et de fêter son départ par le Mahmal s'est maintenue jusque dans les années 1960, date à laquelle Abdel Azîz ibn Sa'ud, roi d'Arabie, décida que dorénavant l'étoffe devrait être fabriquée en Arabie Saoudite. Le mécontentement des Egyptiens n'y fit rien, et de ce fait la tradition qui remontait au Moyen Age disparut. 


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La Kiswah, protégée par un dais, et son cortège de chameaux.
par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Horizon du collectionneur
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Mercredi 31 octobre 2007

J'entamerai cette catégorie avec une monnaie qui est des préférées de ma collection. Elle nous vient d'Egypte et a été frappée au Caire au Moyen Age, sous la dynastie Mamluk. Une monnaie, c'est un fragment d'histoire ; outre son histoire propre, elle nous raconte un moment.

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Il s'agit d'un dirhem d'argent frappé au Caire sous le règne du sultan mamluk el-Mansûr Seyf ed-Dîn Qala'un (1279-1290), de la dynastie des Bahri Mamluk.




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Qui est ce sultan égyptien du XIIIe s. ? D'origine circassienne, il s'approche du trône en étant nommé régent du fils et héritier du sultan Baybars, el-Adel Badr ed-Dîn Salamish ez-Zahir, encore trop jeune pour régner seul. Très vite, Qala'un évince le jeune prince et se proclame sultan. Sa politique extérieure vise à conforter le pouvoir des Mamluk d'Egypte. Il conclut une alliance avec Byzance pour contrer les Ilkhanides d'Iran, contient une poussée des Mongols en Syrie, où il prend aux Hospitaliers de St-Jean la forteresse de Marqab, puis conquiert la ville de Tripoli de Syrie. Malgré tout, il prend soin de renouveler la trêve avec les chrétiens de St-Jean d'Acre, afin de favoriser les échanges commerciaux avec l'Occident. Malheureusement, ceux-ci font appel à des renforts après la chute de Tripoli et persécutent les Arabes d'Acre, tant chrétiens que musulmans. Qala'un n'a plus alors d'autre choix que de marcher sur la ville avec ses troupes, comme le lui conseillaient les émirs mamluk. Tombé malade, il meurt durant le voyage, et c'est son fils et successeur, el-Ashraf Salah ed-Dîn Khalil ibn Qala'un, qui prendra Acre en 1291.

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Le casque du sultan Qala'un.



Au Caire, on peut encore voir l'un des monuments majeurs de son règne, le complexe de Qala'un, situé au coeur de la ville médiévale, shari3 el-Mu'izz et construit de 1283 à 1285. Il comprend une mosquée, une madrasa, un mausolée et un maristan (hôpital). Nous reparlerons dans un article spécifique de ce monument, qui est un des joyaux de l'architecture mamluk.



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Le complexe de Qala'un au Caire (1283-1285).

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Horizon du collectionneur
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