Mercredi 7 mai 2008

 




" Ah ! cruel, tu m'as trop entendue.
Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur.
Hé bien ! connais donc Phèdre et toute sa fureur.
J'aime. Ne pense pas qu'au moment que je t'aime,
Innocente à mes yeux, je m'approuve moi-même ;
Ni que du fol amour qui trouble ma raison
Ma lâche complaisance ait nourri le poison.
Objet infortuné des vengeances célestes,
Je m'abhorre encor plus que tu ne me détestes.
Les Dieux m'en sont témoins, ces Dieux qui dans mon flanc
Ont allumé le feu fatal à tout mon sang ;
Ces Dieux qui se sont fait une gloire cruelle
De séduire le coeur d'une faible mortelle.
Toi-même en ton esprit rappelle le passé.
C'est peu de t'avoir fui, cruel, je t'ai chassé ;
J'ai voulu te paraître odieuse, inhumaine ;
Pour mieux te résister, j'ai recherché ta haine.
De quoi m'ont profité mes inutiles soins ?
Tu me haïssais plus, je ne t'aimais pas moins.
Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes.
J'ai langui, j'ai séché, dans les feux, dans les larmes.
Il suffit de tes yeux pour t'en persuader,
Si tes yeux un moment pouvaient me regarder. "


 



(Racine, Phèdre acte II scène V, 1677)







Je n'ai pas résisté à vous proposer cet extrait de l'une de mes tragédies favorites du Grand Siècle, époque qui a fait de l'amour un art porté à son sommet... Au-delà de ce qui peut sembler désuet se profile l'éternel des sentiments humains, un écho de ce que nous ressentons nous aussi. Ce sentiment violent qu'on appelle la passion, celles et ceux qui l'ont connu en reconnaîtront ici toutes les contradictions, ce mélange déconcertant de plaisir et de douleur...

 

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Citations des Horizons
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Mardi 1 avril 2008

 



" Que mon livre t'enseigne à t'intéresser plus à toi qu'à lui-même, puis à tout le reste plus qu'à toi."


(André Gide, Les Nourritures terrestres)

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Citations des Horizons
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Lundi 3 mars 2008


دِمَشْق

damas.jpg






" Damas est une ville pleine de fascination, autant pour ceux qui y vivent que pour les voyageurs de passage. Damas est la ville des souks et des routes historiques traditionnelles : brocarts et artisans en tout genre, montagnes et déserts, oasis et fleuve avec le Barada, portes monumentales et mosquée de Omeyades, épices et parfums emportés par la brise. Mais par-dessus tout, la vieille cité de Damas est celle des maisons de famille : elles sont ses trésors cachés. "



(Wafîq Ridha Sa3îd, préface de Damas, de Brigid Keenan, éd. Place des Victoires, Paris, 2001)


En tête d'article, le nom de la ville en graphie arabe : Dimashq.

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Citations des Horizons
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Lundi 18 février 2008

Théophile Gautier, auteur du célèbre Roman de la Momie (1858), a longtemps écrit sur l'Egypte sans jamais y être allé. Il s'était appuyé sur des récits de voyages, dont ceux de Champollion et de son ami Maxime Du Camp, ainsi que sur des toiles orientalistes. Ce n'est qu'en 1869-1870 qu'il pourra à son tour se rendre en Egypte, invité pour l'inauguration du canal de Suez.

Voici deux poèmes figurant dans le recueil " Emaux et Camées ", publié en 1852 mais enrichi à plusieurs reprises de nouveaux poèmes. Ils forment un pendant dans lequel le poète évoque l'obélisque amené à Paris et celui resté à Louqsor.



obelisque_paris.jpg


L'Obélisque de Paris

Sur cette place je m'ennuie,
Obélisque dépareillé ;
Neige, givre, bruine et pluie
Glacent mon flanc déjà rouillé ; 

Et ma vieille aiguille, rougie
Aux fournaises d'un ciel de feu,
Prend des pâleurs de nostalgie
Dans cet air qui n'est jamais bleu.

Devant les colosses moroses
Et les pylônes de Luxor,
Près de mon frère aux teintes roses, 
Que ne suis-je debout encor',

Plongeant dans l'azur immuable,
Mon pyramidion vermeil 1
Et de mon ombre, sur le sable,
Ecrivant les pas du soleil !

Rhamsès 2 , un jour mon bloc superbe,
Où l'éternité s'ébréchait,
Roula fauché comme un brin d'herbe,
Et Paris s'en fit un hochet. 3

La sentinelle granitique,
Gardienne des énormités,
Se dresse entre un faux temple antique 4
Et la chambre des députés 5.

Sur l'échafaud de Louis seize 6,
Monolithe au sens aboli,
On a mis mon secret, qui pèse
Le poids de cinq mille ans d'oubli.

Les moineaux francs 7 souillent ma tête,
Où s'abattaient dans leur essor
L'ibis rose et le gypaète 8
Au blanc plumage, aux serres d'or.

La Seine, noir égout des rues,
Fleuve immonde fait de ruisseaux,
Salit mon pied, que dans ses crues
Baisait le Nil, père des eaux,

Le Nil, géant à barbe blanche 9
Coiffé de lotus et de joncs,
Versant de son urne qui penche
Des crocodiles pour goujons !

Les chars d'or étoilés de nacre
Des grands pharaons d'autrefois
Rasaient mon bloc heurté du fiacre 10
Emportant le dernier des rois.

Jadis, devant ma pierre antique,
Le pschent au front 11, les prêtres saints
Promenaient la bari 12  mystique
Aux emblèmes dorés et peints ;

Mais aujourd'hui, pilier profane
Entre deux fontaines campé 13,
Je vois passer la courtisane
Se renversant dans son coupé 14.

Je vois, de janvier à décembre,
La procession des bourgeois,
Les Solons qui vont à la chambre 15,
Et les Arthurs qui vont au bois 16.

Oh ! dans cent ans quels laids sequelettes
Fera ce peuple impie et fou,
Qui se couche sans bandelettes
Dans des cercueils que ferme un clou,

Et n'a pas même d'hypogées
A l'abri des corruptions,
Dortoirs où, par siècles rangées,
Plongent les générations ! 17

Sol sacré des hiéroglyphes
Et des secrets sacerdotaux 18,
Où les sphinx s'aiguisent les griffes
Sur les angles des piédestaux ;

Où sous le pied sonne la crypte,
Où l'épervier couve son nid,
Je te pleure, ô ma vieille Egypte, 
Avec des larmes de granit !



Notes
:

1- Lors de son érection sur la place de la Concorde, à Paris, l'Obélisque a vu son pyramidion redoré.
2- Ramsès II, constructeur du pylône de Louqsor devant lequel se dressait l'obélisque.
3- Ici, Gautier se moque de la vogue égyptomaniaque de son époque et de la réduction de ce vestige antique au rôle ornemental d'une place.
4- L'église de la Madeleine.
5- Le Palais Bourbon.
6- L'obélisque a été érigé à l'emplacement où se dressait durant la Révolution la guillotine et où Louis XVI fut exécuté.
7- " Francs " est le nom qu'on donnait traditionnellement aux Européens en Orient. Gautier joue donc là sur les mots, entre " franc " dans le sens de "français" et "franc" dans le sens d' "Européen en Orient".
8- Ici, Gautier fait deux erreurs : il évoque l'ibis "rose", en réalité l'ibis rouge qui est originaire d'Amérique, mais c'est l'ibis blanc qui était sacré pour les anciens Egyptiens ; le vautour représenté par les Egyptiens antiques, en particulier pour la déesse Nekhbet, n'est pas un gypaète, mais un vautour fauve ; c'est la forme du nom, qui fait penser à "Egypte", qui a dû lui faire choisir ce nom.
9- Gautier se réfère ici aux représentations gréco-romaines sous la forme d'un dieu-fleuve barbu allongé.
10- Contrairement à son épouse et aux autres condamnés, Louis XVI fut en effet mené à l'échafaud en voiture et non dans un tombereau.
11- Autre erreur de Gautier, qui veut donner un détail archéologique mais ignore que le pschent est une couronne royale, formée de la réunion des deux couronnes de Haute- et Basse-Egypte.
12- La barque, que l'on voit représentée sur les reliefs du temple de Louqsor.
13-  La Fontaine des Mers et la Fontaine des Fleuves ajoutées par Hitorff et inaugurées en 1840.
14- Critique sociale faisant allusion aux courtisanes qu'entretiennent à grands frais les bourgeois du Second Empire.
15- Solon, législateur athénien, avait été chargé de concevoir la constitution athénienne. Trait d'ironie, bien sûr.
16- Allusion au fait que les bois qui s'étendaient à l'ouest de la place, en direction des actuels Champs-Elysées, étaient depuis le XVIIIe s. le lieu de rendez-vous galants et de prostitution. Arthur fait référence au cycle légendaire du roi Arthur, mais un "Arthur" est aussi au XIXe s. un séducteur, un homme qui cherche une aventure ; une "Arthurine" est par ailleurs une prostituée.
17- Dans ces deux strophes, on voit un reflet de la fascination qu'exerçaient encore les momies au XIXe s.
18- L'Egypte passait pour détenir des secrets fabuleux, idée entretenue depuis des siècles par les amateurs de surnaturel.



obelisque_louqsor.jpg


L'Obélisque de Luxor

Je veille, unique sentinelle
De ce grand palais 1 dévasté,
Dans la solitude éternelle,
En face de l'immensité.

A l'horizon que rien ne borne 2,
Stérile, muet, infini,
Le désert sous le soleil morne,
Déroule son linceul jauni 3.

Au-dessus de la terre nue,
Le ciel, autre désert d'azur,
Où jamais ne flotte une nue, 
S'étale implacablement pur.

Le Nil, dont l'eau morte s'étame
D'une pellicule de plomb,
Luit, ridé par l'hippopotame 4,
Sous un jour mat tombant d'applomb ;

Et les crocodiles rapaces,
Sur le sable en feu des îlots,
Demi-cuits dans leurs carapaces,
Se pâment avec des sanglots.

Immobile sur son pied grêle,
L'ibis, le bec dans son jabot,
Déchiffre au bout de quelque stèle
Le cartouche sacré de Thot 5.

L'hyène rit, le chacal miaule,
Et, traçant des cercles dans l'air,
L'épervier affamé piaule,
Noire virgule du ciel clair. 6

Mais ces bruits de solitude
Sont couverts par le bâillement
Des sphinx 7, lassés de l'attitude
Qu'ils gardent immuablement.

Produit des blancs reflets du sable 8
Et du soleil toujours brillant,
Nul ennui ne t'est comparable,
Spleen lumineux de l'Orient ! 9

C'est toi qui faisais crier : grâce !
A la satiété des rois
Tombant vaincus sur leur terrasse,
Et tu m'écrases de ton poids.

Ici jamais le vent n'essuie
Une larme à l'oeil sec des cieux. 10
Et le temps fatigué s'appuie
Sur les palais silencieux.

Pas un accident ne dérange
La face de l'éternité ;
L'Egypte, en ce monde où tout change,
Trône sur l'immobilité. 11

Pour compagnons et pour amies, 
Quand l'ennui me prend par accès,
J'ai les fellahs et les momies
Contemporaines de Rhamsès ;

Je regarde un pilier qui penche,
Un vieux colosse sans profil
Et les canges 12 à voile blanche
Montant ou descendant le Nil.

Que je voudrais comme mon frère,
Dans ce grand Paris transporté,
Auprès de lui, pour me distraire,
Sur une place être planté !

Là-bas, il voit à ses sculptures
S'arrêter un peuple vivant,
Hiératiques écritures,
Que l'idée épelle en rêvant.

Les fontaines juxtaposées
Sur la poudre de son granit
Jettent leurs brumes irisées ;
Il est vermeil, il rajeunit !

Des veines roses de Syène 13,
Comme moi cependant il sort,
Mais je reste à ma place ancienne :
Il est vivant et je suis mort !



Notes
:

1- On qualifiait alors le site de Louqsor de "palais", selon l'appellation arabe qui évoquait elle-même un palais fortifié.
2- Elément qui montre que Gautier ne s'est pas rendu sur place. Lors de son voyage en Egypte, il ne pourra d'ailleurs s'y rendre, car il s'est blessé durant la traversée.
3- Allusion aux bandelettes des momies.
4- Il y a encore des hippopotames dans le Nil au XIXe s. , comme dans l'Antiquité. Ils ont aujourd'hui disparu
5- Gautier veut introduire un élément archéologique, mais il ignore que les cartouches sont réservés aux noms royaux.
6- Ces animaux énumérés servent à donner l'idée de nature sauvage et hostile.
7- Allusion au dromos ou allée de sphinx du temple.
8- Là encore, on voit que Gautier n'est pas allé à Louqsor, car le sable n'y est pas blanc...
9- On est là en pleine vision orientaliste, un Orient rêvé et fantasmé par les Européens de cette époque.
10- Une fois de plus, l'imagination ne correspond pas à la réalité du climat.
11- Le thème de l'Egypte et de l'éternité, une Egypte qui serait immuable, est un mythe vivace dans l'imaginaire occidental.
12- Les canges étaient des navires à voile et rames, navigant sur le Nil ; en général, elles servaient d'embarcations de luxe.
13- Nom gréco-romain d'Assouan, où se trouvent en effet des carrières antiques de granit.

(photos : Theti, 2006)

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Citations des Horizons
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Jeudi 24 janvier 2008

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" Je baisai le sol égyptien en le touchant pour la première fois, après l'avoir si longtemps désiré. "



Jean-François Champollion

(Lettres écrites d'Egypte et de Nubie en 1828 et 1829, lettre 1, éd. Firmin-Didot, Paris, 1833)

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Citations des Horizons
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Mardi 8 janvier 2008

L'odeur des cheveux

 

Je suis enivré sans arrêt

par le parfum de tes cheveux.

Je suis détruit, à chaque instant,

par tes magiques, traîtres yeux.

Après d'aussi longue patience,

mon Dieu ! verrai-je enfin la nuit

Où j'allumerai ma chandelle

dans l'arcade de tes sourcils ?

Ma clairvoyance est une ardoise

que je chéris matin et soir,

Car elle est comme le miroir

qui reflète ta mouche hindoue.

Si tu veux embellir ce monde

pour autant que l'éternité,

Dis au vent d'écarter ton voile

de ta face, pour un instant.

Si tu veux abolir la loi

qui rend ce monde périssable,

Crève l'écran de tes cheveux :

il s'en répandra mille vies.

Le vent et moi sommes deux gueux,

des vagabonds, des inutiles.

Nous sommes enivrés tous deux

par ton parfum et par tes yeux.

 

Bravo ! Hâfez s'est libéré

de ce monde comme de l'autre.

L'humble poussière de ton seuil

est la seule chère à ses yeux.


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(Hâfez Shirâzi, 'eshq-o 'âsheq-o ma'shuq / L'Amour, l'amant, l'aimé, ghazal tirés du Divân, ghazal 94, XIVe s.)


C'est beau, n'est-ce pas ? Nous faisons à travers ce poème connaissance avec la poésie persane et arabe. Nous reparlerons prochainement d'Hâfez Shirâzi, qui est sans conteste l'un des plus grands poètes persans, et de ce genre particulier qu'est le ghazal arabe, qui a été repris par la littérature persane.  Dernier mot : ce ghazal est d'autant plus intéressant qu'il montre la portée érotique de la chevelure dans le monde arabo-persan. Je vous incite enfin à relire Baudelaire et ce qu'il a écrit sur la chevelure ; on y retrouve des accents proches... Pas très étonnant quand on sait que les romantiques, dès le début du XIXe s. , ont fait découvrir Hâfez à l'Occident.

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Citations des Horizons
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Samedi 15 décembre 2007

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elly yeshrab el-mâyya en-Nîl, lâzem rega3 fê Masr tâni.

Qui boit l'eau du Nil devra revenir à nouveau en Egypte.



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De l'eau du Nil, celui qui se rend en Egypte en boit obligatoirement quand il prend le thé ou le karkadé, mais par chance elle est traitée et bouillie... Aller directement boire l'eau dans le fleuve est plus que déconseillé... 


Merci à mon amie Ahhotep de nous avoir envoyé ce dicton.

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Citations des Horizons
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Lundi 26 novembre 2007

nature35.gif


" Notre nature est assez belle
Si nous savions jouir de nous.
Notre mal, c'est notre faiblesse,
Rien que nous-mêmes ne nous blesse.
Le sot glisse sur les plaisirs
Mais le sage y demeure ferme,
Attendant que tous ses désirs
Et ses jours aient fini leur terme. "


(Théophile de Viau, XVIIe s.)

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Citations des Horizons
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Lundi 5 novembre 2007

"Et quelle affluence de monde ici ! quand au contraire la rive d'en face semble restée si absolument désertique, avec ses étendues en sable d'or et, à l'horizon, ses montagnes couleur de cendre rose que l'on sait pleines de momies.
Pauvre Louxor ! tout le le long des berges, il y a une rangée de ces bateaux touristes, espèces de casernes à deux ou trois étages, qui de nos jours infestent le Nil depuis le Caire
 jusqu'aux cataractes, - et ils sifflent, et leurs dynamos font un intolérable vacarme trépidant... Où trouver pour ma dahabieh une place un peu silencieuse, que les fonctionnaires de l'agence Cook ne viennent pas me disputer ? "


(Pierre LOTI, La Mort de Philae, 1909)


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par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Citations des Horizons
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