Papyrus d'identité

  • : Horizons d'Aton - Beyt Kaaper
  • horizons-d-aton
  • : weblogs
  • : Une demeure perdue quelque part entre rêve et réalité, dans les sables du désert égyptien ou en plein milieu de la Méditerranée. Tournée vers l'horizon. Les horizons de l'Est et de l'Ouest, comme disaient les anciens Egyptiens... Des horizons divers. Une demeure un peu folle, pour abriter des rêves un peu fous, des passions, des émotions, des coups de coeur...
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Musiques des Horizons

Quais du Fleuve

أهْلاً وَ سَهْلاً

              أهْلاً وَ سَهْلاً      
        
        
     ahlan wa sahlan      




egypte-20-2-.gifAhlan wa sahlan ! Bienvenue en la demeure de Kaaper-Nefredkheperou, ami voyageur. Entre, assieds-toi un moment et accepte mon hospitalité. Promène-toi à ton aise, aucune porte ne te sera fermée, et tu pourras séjourner ici aussi longtemps et aussi souvent qu'il te plaira. Tu découvriras ici tout ce qui fait ma vie et mes passions, dans un souci de partage et d'échanges. Car tout ce qui ne se partage pas ne vaut pas plus que le grain de sable que le vent emporte au loin : seul, il n'est rien ; mais tous ensemble, les grains de sable forment des dunes puissantes.
 

beyt-kaaper-2.gif 

undefined



Image Hosted by ImageShack.us




" Tu te lèves beau dans l'Horizon du ciel,
Soleil vivant, qui vis depuis l'origine.
Tu resplendis dans l'Horizon de l'Est,
Tu as rempli tout pays de ta beauté.
Tu es beau, grand, brillant. Tu t'élèves au-dessus de tout pays.
Tes rayons embrassent les pays, jusqu'aux confins de ta création.
Toi qui es Rê, tu les soumets tout entiers,
Les liant tous pour ton Fils bien-aimé. "

(Amenhotep IV - Akhenaton, Grand Hymne d'Aton - extrait )



undefined

 

Beyt Kaaper Infos :


Beyt Kaaper a été sélectionné comme blog du jour sur Blogonautes, et Kaaper a vaincu sa timidité naturelle pour répondre aux quelques questions de l'interview. Merci à Olivier et à Blogonautes, qui nous ouvrent ainsi de nouveaux horizons...


Un livre d'or, le Papyrus d'Or de Beyt Kaaper, est désormais à votre disposition dans la colonne de droite, dans les Horizons Libres. N'hésitez pas à y laisser un petit mot lors de votre passage, ni à y noter vos suggestions, vos remarques, ce que vous souhaiteriez voir ou lire dans le blog.


Merci et bienvenue à celles et ceux qui laissent des commentaires. Je réponds systématiquement à vos messages, même si c'est parfois avec un peu de décalage quand je manque de temps. N'hésitez pas, comme certains l'ont déjà fait, à faire part de vos remarques et suggestions, il en sera toujours tenu compte, car cet espace est aussi le vôtre, c'est le principe. Si Beyt Kaaper vous a plu, n'hésitez pas non plus à vous inscrire au papyrus express ; vous serez ainsi avertis par mail de la publication de nouveaux articles et recevrez le papyrus d'information réservé aux abonnés si vous le souhaitez - en règle générale, un par mois.




En préparation :
  


undefined
En cours de rédaction et de mise en forme, des pages complémentaires sur les voyages en Egypte, avec les voyageurs d'autrefois, un lexique des termes spécifiques et des noms de lieux, mais aussi des informations pratiques pour les voyages d'aujourd'hui. La première de ces pages est d'ores et déjà disponible, et évoluera au fur et à mesure.


Parallèlement va se mettre en place un lexique de la culture égyptienne dans les pages Egypte Historique : égyptologique, copte et musulman. Il sera utile pour retrouver des termes spécifiques qu'il n'est pas toujours évident de maîtriser. Des liens seront progressivement placés rétroactivement dans les articles déjà publiés, et les nouveaux articles en seront dotés, de façon à faciliter la recherche des informations.




Nouveautés :



undefinedUne première page consacrée aux voyages en Egypte, consacrée au voyage de Maxime Du Camp et Gustave Flaubert (1849-1850), est disponible ici



undefinedNaissance d'une nouvelle rubrique, qui nous permettra de mettre en lumière les relations très anciennes et étroites qui lien l'Egypte et la France : Horizons franco-égyptiens. Nous y rencontrerons des personnages historiques qui se sont trouvés liés à l'Egypte, mais aussi l'influence et l'attirance que l'Egypte a pu exercer en France, à travers les modes comme l'égyptomanie, et bien entendu la coopération entre nos deux pays dans bien des domaines. Les articles déjà publiés correspondant à cette rubrique y ont été déplacés, de façon à gagner en cohérence. Nous avons inauguré ces nouveaux horizons avec un personnage fascinant passé à la postérité sous le nom de Clot Bey. A sa suite nous en découvrirons beaucoup d'autres, et de grands moments de l'amitié entre nos deux peuples.



Vous aurez sans doute remarqué une refonte des catégories de pages, dans la colonne de gauche. Certains sujets ont été regroupés pour plus de clarté. Une catégorie de pages spécifiques à l'arabe dialectal égyptien, et accessoirement à l'arabe littéral, a été créée de façon à faciliter l'accès à ces informations. Vous y trouverez les règles de translittération ( transcription des sons arabes en caractères latins ), un lexique et quelques notions grammaticales de base, ainsi que des liens et ouvrages conseillés pour poursuivre votre apprentissage ou vous entraîner. Dans l'optique de faire coïncider plaisir de la musique et découverte de la langue arabe dialectale, les chansons sont désormais accompagnées non seulement du clip et des paroles, mais aussi de quelques mots de vocabulaire ; une façon agréable de mettre la théorie en pratique, non ?

 

Vendredi 16 mai 2008

communauté : Cultures

Aujourd'hui, voici un nouveau défi d'Abu l-hool. Le support de cette énigme est une vidéo du célèbre chanteur égyptien Abd el-Halim Hafez, une des grandes stars de la chanson égyptienne à partir des années 1950 dont nous reparlerons, " Gana el-Hawa " ; l'occasion de continuer à découvrir le chant plus classique tout en nous amusant. Mais place à la chanson, puis à l'énigme d'Abu l-hool....



Abu l-Hool demande :

Saurez-vous reconnaître les lieux où ont été tournées ces images ?

Il s'agit de trouver le pays, et ce serait encore mieux de reconnaître des lieux précis. Je sais, c'est très cruel ! Mais qui a dit qu'Abu l-hool était un gentil garçon ?

Pour une bonne réponse, vous recevrez de Beyt Kaaper un décor égyptien spécialement créé pour l'occasion, pour votre site web par exemple. N'oubliez pas de ce fait, en validant votre réponse, d'indiquer votre mail dans la case appropriée...


Bonne recherche !

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Antre d'Aboo l-Hool
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Dimanche 11 mai 2008

communauté : Egypte

La face principale ou recto :




Elle se divise donc en 3 registres d'importance inégale :
- le registre supérieur, qui montre le roi triomphant de ses ennemis
- le registre médian, le plus développé, avec deux animaux fantastiques
- le registre inférieur, avec le roi combattant sous la forme du taureau


1°) Le registre supérieur :




Dans le registre supérieur, nous assistons à une procession durant laquelle le roi célèbre son triomphe sur les ennemis. La scène, qui occupe toute la largeur de la palette, se lit de gauche à droite.

 

 


Le roi, plus grand que les autres personnages, est coiffé de la couronne rouge de Basse-Egypte ( desheret ) et porte des attributs qui resteront caractéristiques des représentations royales : la barbe droite, le flagellum ( nekhekh ) et la queue de taureau attachée à l'arrière de son pagne. Dans sa main gauche, il tient une massue piriforme ( hd ) qui rappelle le contexte guerrier de la scène. Devant lui, on retrouve son nom en caractères hiéroglyphiques déjà rencontré dans le serekh. Il est accompagné de deux personnages de sa cour.






Derrière lui, son porteur de sandales, rang qui était important dans l'entourage des souverains à ces époques anciennes ; si le roi avance pieds nus, c'est sans doute qu'il se rend vers le temple de la divinité tutélaire de sa capitale, Horus. Dans son autre main, le personnage tient un récipient, qui servait peut-être aux libations, ou encore à laver les pieds du roi. Au-dessus de lui, une rosette à 6 pétales.











Précédant le roi, un autre personnage que l'inscription placée devant lui qualifie de " tjet " ; il s'agit plus vraisemblablement de son titre que de son nom. Tous les auteurs ne s'accordent pas sur l'identité de ce personnage : s'agit-il d'un officier, d'un prêtre ? Il semble être vêtu d'un peau animale qui pourrait faire penser à la peau de félin portée plus tard par les prêtres. A remarquer également sa coiffure tressée tripartite.









Viennent ensuite quatre porte-enseignes, avec de gauche à droite :  une enseigne identifiée comme le placenta royal, une enseigne avec le chacal, Oupouaout, et deux enseignes à l'effigie du faucon Horus. Le placenta est une enseigne ancienne qui renvoie au symbolisme lunaire et à la notion de gestation et de régénération. Oupouaout est l'un des l'une des enseignes les plus anciennes associées à la royauté ; il semble qu'il fasse référence à un symbolisme pré- et protohistorique l'associant à la notion de chef, puis de pouvoir royal.






Enfin se trouvent 10 corps d'ennemis vaincus, couchés et ligotés, décapités et la tête placée entre leurs jambes. La mutilation des vaincus est l'un des traits qui perdurera également dans l'iconographie des victoires royales, attestant sans doute de coutumes guerrières très anciennes qui se retrouvent chez d'autres peuples d'Orient. Ils sont soigneusement placés les uns contre les autres ; certains ont les pieds rentrés vers l'intérieur, enserrant leur tête coupée. Au-dessus, on voit un faucon derrière une porte, ainsi qu'une barque surmontée d'un faucon perché sur ce qui évoque un harpon.





2°) Le registre médian :




Le registre le plus important de cette face de la palette comporte en son centre le creux circulaire destiné à recevoir le fard ; il est délimité par les longs cous entrelacés de deux figures animales fantastiques, félins à cou serpentiforme qu'on apparente aux chimères mésopotamiennes. Chacune de ces chimères est bridée au cou par une corde tenue par un petit personnage, qui semble tirer pour éloigner les têtes des deux animaux. On voit en général dans cette représentation une image symbolique de l'unification des deux parties de l'Egypte, mais cette interprétation ne fait pas l'unanimité chez tous les spécialistes. Cette scène garde encore une part de mystère.

 

 


Les deux animaux fantastiques affrontés sont des lionnes qui semblent disposées à se combattre, comme le suggèrent les babines retroussées, d'où le fait qu'elles soient entravées par deux personnages. Le motif est particulièrement élégant, avec un jeu sur les courbes et l'entrelacement des cous auquel répond la courbe des queues. Lionnes et félins en général jouent un rôle important dans de nombreuses civilisations protohistoriques de méditerranée orientale et d'Orient.










Les personnages qui tiennent entravées les deux lionnes sont penchés en avant ; ils semblent ainsi forcer pour tenir les têtes des deux félins éloignées l'une de l'autre. Ils portent la chevelure courte, la barbe droite et un pagne rehaussé sur le devant d'un motif décoratif qui pourrait indiquer un rang particulier ou une fonction ; dans la partie basse, cet ornement porte ce qui pourrait évoquer le croissant lunaire, ou encore les cornes de bovidé.







3°) Le registre inférieur :




Le registre inférieur, plus étroit, est plus aisé à décrypter. On y voit un taureau piétinant un ennemi vaincu et détruisant la muraille d'une forteresse. Il s'agit du roi sous les traits du taureau, qui est symbole de puissance et de victoire ; cette association du roi et de la force du taureau sera constante dans la civilisation égyptienne, comme par exemple à travers la queue de taureau pendue au pagne royal. Les cornes du bovidé sont identiques à celles de la déesse figurée dans la partie supérieure, épaisses et très recourbées vers l'intérieur. L'ennemi est entièrement nu, ce qui indique qu'il est prisonnier et vaincu ; il tombe à terre en ouvrant les bras dans un geste de soumission. Sa coiffure et sa barbe évoquent l'iconographie des peuples sémitiques que les Egyptiens représentent dans leurs scènes de batailles. Le taureau pose un sabot sur le bras de l'ennemi, mais détruit aussi de ses cornes le rempart d'un forteresse au tracé circulaire et renforcée de tours ou de contreforts ; à l'intérieur des fortifications, on distingue une habitation qui indique sans doute qu'il s'agit d'une ville fortifiée.


Dans le prochain article, nous passerons à l'examen du verso de la palette.

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Kemet - Egypte antique
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Dimanche 11 mai 2008

communauté : Cultures

Les costumes portés ici ne sont pas des costumes traditionnels de la région de Toulon ; comme dans d'autres cultures qu'une culture dominante a essayé d'éradiquer, le "folklore " - je déteste ce mot, mais je n'en trouve pas d'autre - mélange des éléments disparates en cherchant à se réapproprier des éléments de cette culture, un lien ayant été irrémédiablement rompu... Je sais, je chipote !

Mais peu importe, c'est toujours quelque chose de particulier lorsque les rues de la vieille ville résonnent à nouveau de la musique traditionnelle de Provence, comme un écho dans nos vieilles pierres...

Un petit élément de culture provençale au passage. Vous apercevez en tête les tambourinaire, avec cette percussion caractéristique, le tambourin, qui s'accompagne du galoubet, flûte dont on joue d'une main tandis que l'autre bat le tambourin. Le fifre, c'est autre chose : pas possible de jouer en même temps du fifre et du tambourin, puisque que le fifre est une flûte traversière qui se joue à deux mains ; on a donc les tambourinaire, qui jouent du tambourin en s'accompagnant du galoubet, et les fifraire, qui jouent du fifre - bon, un " fifraire " chez nous, c'est aussi autre chose, mais ce serait trop long à expliquer...
par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Mon Horizon de Provence
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Samedi 10 mai 2008

Nous quittons le Mashreq pour nous rendre à l'autre extrémité de la Méditerranée, dans ce pays magnifique qu'est le Maroc. Long week-end oblige, nos Horizons musicaux s'enrichiront cette semaine de trois clips. J'ai choisi de vous présenter trois chansons que j'adore d'une chanteuse marocaine, Hasnaa : " Marsol el-Hobb " date de 2003 et se trouve dans son album " Ana kolli leyk ",  " Shûfo shûfo " est extraite de son album " Bamba " (2005) et " Hobb walla " est plus récente puisqu'elle figure dans son album " 'alby be khatar " (2007). Une promenade agréable mais aussi intéressante dans la musique marocaine d'aujourd'hui. Hasnaa fait partie de ces rares chanteuses originaires du Maghreb qui font carrière au Mashreq.



"Marsol el-Hobb " est sans doute l'un des plus grands succès de Hasnaa, et en tout cas l'une de ses chansons les plus connues. Vous remarquerez sans doute que l'une des originalités est d'avoir introduit des éléments de cette musique indienne qu'on appelle le bhangra, dont je vous donnerai prochainement des exemples.




" Shûfo shûfo " est une chanson qu'on a du mal à s'enlever de la tête et dont je ne me lasse pas. Elle est en outre, comme la précédente, très intéressante du point de vue linguistique pour ceux qui s'intéressent aux dialectes arabes : vous y noterez que les gutturales sont beaucoup plus prononcées qu'en dialecte égyptien - notez en particulier le " 3ayn "  (  ع ) si difficile à prononcer pour ceux qui apprennent l'arabe - et que le " jîm " ( ج ) se prononce -j et non pas -g comme en masri.



" Hobb walla ", extraite de son dernier album, est une chanson plus douce pour laquelle sont jointes les paroles.

 



Hobb walla


kolli yôm bet'ôl Habeeby we tetadHak 3aleyya
kolli yôm besma3 kalâm w ashôf Hâga tânya
'olly êh 'asdek ma3ayya walla êh akher el-Hekayya
le3b yeb3any walla Hobb walla Hâga tânya
x 2


da ana men zamân badôb fê-l-gharâm yâ dôb
'alby 3aysh yâ dôb êh yâ leyla
mosh tâ'lih hawa w 'alby nadâ w 'alby nadâ


sehr el-layâly garâH men el-kheSâm warâH
fê-l-gharâm warâH 'alby tâny
ana dobte khalâS w 'alby khalâS w 'alby khalâS


kolli yôm bet'ool Habeeby we tetadHak 3aleyya
kolli yôm besma3 kalâm w ashôf Hâga tânya
'olly êh 'asdek ma3ayya walla êh akher el-Hekayya
le3b yeb3any walla Hobb walla Hâga tânya


hât 3aynak 'oddam 3ayneyya w Heyban kalâmha
law SaHîH da 3aleyya ashôf da fê Hanânha
amma law bay3 gharâmy khodha esma3 kalâmy
rôH ba3îd khalîny fê-Hâly w shôflak waHda tânya
x 2


da ana men zamân badôb fê-l-gharâm yâ dôb
'alby 3aysh yâ dôb êh yâ leyla
mosh tâ'lih hawa w 'alby nadâ w 'alby nadâ


sehr el-layâly garâH men el-kheSâm warâH
fê-l-gharâm warâH 'alby tâny
ana dobte khalâS w 'alby khalâS w 'alby khalâS


kolli yôm bet'ool Habeeby we tetadHak 3aleyya
kolli yôm besma3 kalâm w ashôf Hâga tânya
'olly êh 'asdek ma3ayya walla êh akher el-Hekayya
le3b yeb3any walla Hobb walla Hâga tânya


NB : il me semble bien qu'ici, contrairement aux deux premières chansons,  Hasnaa chante en égyptien ou en libanais, comme c'est souvent le cas des artistes maghrébins lorsqu'ils veulent faire carrière au Mashreq ; peut-être un(e) arabophone pourrait nous le confirmer ? 



Bon week-end aux accents marocains à tous avec Hasnaa !

 

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Musiques des Horizons
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Samedi 10 mai 2008

communauté : Egypte

Voici les réponses à l'énigme posée par Abô l-hôl concernant Le Caire ; un certain nombre d'entre elles ont été trouvées par nos amies Fayrouz et Sandrine, bravo les filles ! Comme promis, vous recevrez donc par mail une petite création égyptienne des scribes de Beyt Kaaper.

 

1) Que signifie le nom " el-Qâhira " que porte la ville en arabe ?
el-Qâhira signifie " la Victorieuse " ; el-Qâhir, c'est également la planète Mars chez les Arabes, que les devins consultés pour la fondation de la ville fatimide aperçurent briller d'une façon particulière : de là le nom qui fut donné à la ville.


2 ) Pouvez-vous citer au moins 3 noms que la ville a portés au cours de son histoire ?
A l'époque romaine, on trouve Babylone d'Egypte, qui correspond à la vieille forteresse du Vieux Caire ; lors de la conquête arabe, Amr ibn el-As fonde une première ville, Fustat, près du Vieux Caire. Ensuite, ibn Tûlûn créée un autre centre, el-Qata'i, autour de sa célèbre mosquée. Les Fatimides, quant à eux, fondent la ville d'el-Qâhira, qu'on appelle aujourd'hui Caire islamique ou Caire fatimide. Le nom souvent donné à la ville par les Egyptiens est Masr ( forme égyptienne de l'arabe littéral Misr ), qui désigne à la fois Le Caire et l'Egypte.


3) Qu'est-ce que " Masr el-Qadîma " ?
" qadîm " en arabe signifie " vieux, ancien " : Masr el-Qadîma, c'est donc le nom arabe du Vieux Caire, le quartier copte situé sur le site de l'ancienne citadelle romaine.


4) Quel est le surnom qu'on a donné au Caire, relatif à son architecture ?
On a surnommé Le Caire " la ville aux 1000 minarets ", par référence à Baghdad, l'ancienne capitale califale abbasside, qui était surnommée " la ville aux 1000 mosquées ". Et quand on va au Caire, on peut constater qu'il y a en effet de nombreux et très beaux minarets - sachant qu'une mosquée ou un mausolée en comptent souvent au minimum deux, les minarets sont très nombreux : défi pour Anne-Marie et Josiane, compter les minarets du Caire !


5) Le Caire était-elle une ville à l'époque pharaonique ?
Et non, il y avait un piège ! Heliopolis était située à une 10aine de kilomètres au nord du Caire. Il ne faut pas confondre avec le quartier d'Heliopolis, fondé par le baron Empain, appelé par les Egyptiens Masr el-Gedîda ( " le nouveau Caire " ). Le Caire est une fondation musulmane.


6) Quel est le dialecte parlé au Caire ?
Le dialecte du Caire est le masri, du nom arabe égyptien de la ville " Masr ".


7) Quelle expression sert traditionnellement à désigner les Cairotes de souche ?
Traditionnellement, on appelle au Caire un Cairote ibn el-balad ( " fils du pays " ), pour le distinguer des nombreux Egyptiens venus de tout le pays s'installer dans la capitale.


8) Quel est le nom de l'ancien port du Caire, où ont transité tous les voyageurs des siècles passés ?
L'ancien port du Caire était Bulaq, qui était à l'origine un petit bourg en bordure du Nil et est devenu un quartier de la capitale égyptienne.


9) Comment s'appelle la célèbre place sur laquelle se trouve le Musée Egyptien ?
Le Musée Egyptien du Caire se dresse sur la célèbre Midan Tahrir ( "place de la Libération "), midan signifiant " place " en arabe. Une place grouillante de vie, avec une circulation qui donne le tournis...


10) D'où vient le nom du quartier de Sayyeda Zeynab ?

Ce quartier du Caire doit son nom à une mosquée consacrée à Sayyeda Zeynab ( " sayyeda " signifie " dame " en masri, titre honorifique ), petite-fille du Prophète et sorte de sainte patronne de la ville.


11) Quelle est la plus ancienne mosquée du Caire ?
Là encore il y avait un piège - j'aime quand Abô l-hôl est cruel ! Historiquement, la plus ancienne mosquée du Caire est la mosquée d'Amr ibn el-As, construite à Fustat peu après la conquête ; mais comme elle a été complètement remaniée, en particulier à l'époque ottomane, et qu'il ne reste pratiquement rien de la mosquée d'origine, on considère souvent du point de vue architectural que la plus ancienne mosquée conservée dans son état ancien est celle d'Ibn Tûlûn. La bonne réponse était donc la mosquée d'Amr.


12) Quel pont du Caire s'orne de statues de lions ?
Le pont orné de lions est le pont Qasr en-Nîl.



 
Mabrok yâ Fayruz we Sandrine !

 

 

 

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Antre d'Aboo l-Hool
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Vendredi 9 mai 2008

Les 60 ans de la création de l'état d'Israel sont l'occasion de nous pencher sur un pan de l'histoire du Mashreq, un pan qui fut à la fois synonyme d'espoir et de drame, et nous le verrons d'une attitude  pour le moins ambigue des grandes puissances internationales. C'est un sujet très épineux, j'en ai conscience, et je dois avouer que j'ai longuement hésité avant que de l'aborder. Mais il m'a finalement semblé qu'on ne pouvait pas ne pas parler d'un événement qui a profondément marqué l'histoire du Mashreq contemporain et dont l'impact aujourd'hui encore a des conséquences cruciales pour la région. Il ne s'agit pas d'engager des polémiques, même si bien entendu j'ai mon opinion sur la question - je n'en ferai état que dans la mesure où cela me semblerait présenter quelque intérêt, mais le but n'est pas là. Ce qui me paraît intéressant en revanche, c'est de fournir des clefs pour permettre de comprendre l'événement en lui-même, ainsi que par conséquence ceux qui se sont succédés depuis et la situation actuelle. Car il faut avouer que les informations ne sont pas toujours claires ou objectives, et que l'on ignore souvent un certain nombre d'éléments qui permettent de comprendre. Et surtout d'aller au-delà pour retracer toute une part de l'histoire et de la culture de cette partie du monde.


Résumer un tel événement dans un seul article donnerait quelque chose de trop fastidieux à lire, ou obligerait à résumer à l'extrême, ce qui reviendrait à ne pas correspondre avec le but énoncé ci-dessus. C'est pourquoi j'ai choisi de programmer, échelonnée sur une longue durée, toute une série d'articles abordant la question à travers des aspects particuliers correspondant chacun à une clef ou plusieurs de ces clefs de compréhension. Pour cela, nous ne nous limiterons ni à évoquer 1948 et ce qui s'est passé depuis, ni au seul événement en lui-même ; il faudra revenir en arrière sur l'histoire, celle de la région et de ses peuples, mais aussi la diaspora juive, l'influence des puissances extérieures aussi bien que l'histoire des mentalités. Comme nous le verrons, la naissance de l'état d'Israel renvoie à plusieurs pages de l'histoire du Mashreq, mais aussi de l'Europe et d'une partie du monde. Tout l'intérêt est à mon sens à la fois de comprendre un événement et son impact, mais aussi d'élargir le propos à tout ce à quoi il nous renvoie.


Les sujets qui seront abordés seront en particulier :

- indispensable, un retour sur l'histoire de cette région du monde depuis l'Antiquité jusqu'à la chute de l'empire ottoman : les peuples, les états, les enjeux internationaux

- le mandat britannique et la création d'Israel, mais aussi le rôle de la politique britannique au Mashreq

- le sionisme : son histoire, ce qu'il recouvre ( car on n'en a souvent qu'une très vague idée ), les courants de pensée, son rôle dans la création de l'état d'Israel

- parallèlement, un certain nombre d'éléments qui sont déterminants pour le contexte : l'impact de la vague d'antisémitisme en Europe entre le XIXe et la première moitié du XXe s. ; la Palestine dans le monde arabe et la question palestinienne ; la signification particulière de Jérusalem ; la notion d'Eretz Israel ( dont on se rendra compte qu'on la connaît en fait très mal ) ; etc.

- mais aussi des éléments culturels, comme la place des communautés juives au sein du monde arabe aussi bien que leur rôle d'intermédiaires entre Orient et Occident, la notion d'identité arabe au XXe s.

- bien entendu, on ne peut être tourné uniquement vers le passé et nous essayerons de donner des éléments de la situation actuelle et des perspectives d'avenir.


Ultime précision avant de commencer, je vous demanderai de faire preuve de modération et de tolérance dans vos commentaires, quelle qu'en soit l'orientation. Je le répète, la polémique n'est pas le propos, même si chacun demeure libre, bien entendu, d'avoir sa propre opinion. La perspective est avant tout un effort pour savoir et comprendre, et plus que jamais l'esprit de respect de chacun est ici important. J'éditerai tout commentaire qui ne respectera pas ces règles élémentaires d'ouverture d'esprit, je pense que vous le comprendrez.


Pour comprendre cet événement, il faut d'abord le placer dans le temps. Au début du XXe s. , la Palestine fait partie de l'empire ottoman depuis quatre siècles, ressentis comme nous le verrons comme une période d'occupation étrangère. Lorsqu'éclate la Première Guerre Mondiale, l'empire ottoman se range aux côtés de l'Allemagne.


Dès 1917, en pleine guerre mondiale, par la Déclaration Balfour, les Britanniques, sous l'influence du mouvement sioniste, se déclarent en faveur de la création d'un foyer national juif en Palestine ; dans le même temps, ils promettent aux Arabes la création d'un état arabe, duplicité qui aura de lourdes conséquences par la suite. Après la guerre, l'empire ottoman est démembré ; depuis longtemps, les puissances occidentales rivalisent d'influence au Mashreq, ce démembrement ne se fera donc pas sans arrière-pensées. En 1920, la conférence de San Remo désigne la Grande-Bretagne pour exercer un mandat sur la Palestine ; et c'est en 1922 que la Société des Nations entérine cette proposition en établissant le mandat britannique sur ce qu'on appelle de 1922 à 1947 la " Palestine mandataire ".


La " Palestine mandataire ", telle qu'elle a été définie par la conférence de San Remo et adoptée par la SDN : au nord, la Syrie placée sous mandat français ; à l'est l'Iraq placé lui aussi sous mandat britannique ; au sud, le royaume du Hedjaz, indépendant depuis 1916 grâce à l'appui britannique, qui deviendra l'Arabie Saoudite en 1932 ; au sud-ouest l'Egypte, sous protectorat birtannique jusqu'en 1922, puis royaume indépendant. Déjà se discerne le rôle prépondérant joué par la Grande-Bretagne dans la région.


Intervient entre temps la Seconde Guerre Mondiale, à l'issue de laquelle l'idée d'un état-refuge en Palestine pour les Juifs d'Europe fait son chemin, d'autant que les crimes nazis ont à la fois suscité un véritable choc chez les populations occidentales et embarrassent les états. En février 1947, la Grande-Bretagne remet aux Nations Unies le mandat qu'elle avait reçu en 1922 ; nous verrons que cela tient justement en grande partie à une dégradation de ses relations avec le mouvement sioniste et avec les représentants arabes de par le double jeu qu'elle a joué entre Juifs et Arabes. Puis en novembre de la même année, les Nations Unies adoptent la résolution 181, qui opte pour le partage de la Palestine en un état arabe et un état juif, avec un statut international spécial pour Jérusalem : c'est le plan de partage, qui loin d'apaiser les tensions entraîne le premier conflit ouvert entre Juifs et Arabes en Palestine.

Le plan de partition de la Palestine tel qu'il est défini par la résolution des Nations Unies en 1947 : en vert, les territoires attribués à l'état arabe, en bleu-vert les territoires attribués à l'état juif. Jerusalem est déclarée de statut international sous contrôle des Nations Unies. Un simple coup d'oeil sur la carte permet de comprendre les difficultés qu'une telle partition ne pouvait qu'engendrer.



Enfin, le 14 mai 1948 est proclamée la déclaration d'indépendance de l'état d'Israel, qui marque historiquement la création de cet état.



Voilà, dans un premier temps, les faits historiques présentés brièvement dans le contexte du XXe s. Ce sera notre point de départ pour cette exploration d'un aspect du Mashreq plus large qu'il ne pourrait paraître au premier abord. Dans le prochain article, nous évoquerons l'histoire de cette région depuis l'Antiquité.

par Kaaper Nefredkheperou publié dans : Mashreq et horizons arabes
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander

Pour s'orienter

25kaaper.jpg

  

Ici, quelques infos et conseils.


amon-db.gif Sur la 1ère page,  page d'accueil, vous trouverez les 6 derniers articles. Pour les voir dans leur intégralité de façon plus confortable, cliquez sur le titre de l'article : il s'affichera dans une fenêtre spécifique en format intégral, avec des photos ou vidéos non tronquées. 


anubis-db.gifLes pages, situées dans la colonne de gauche, fournissent des informations d'ordre général, soit sur le blog et son fonctionnement, soit sur des sujets abordés dans le blog auxquels elles servent de référence, d'aide à la compréhension, ou de mode d'emploi, par exemple. Vous y retrouverez aussi, dans les pages Beyt Kaaper, les articles correspondant à chaque catégorie, classés par thèmes.



isis-db.gifLes albums photo vous permettent de retrouver les photos publiées dans le blog, mais également d'autres qui ne figurent pas dans des articles, pour le plaisir des yeux.



khnum-db.gifLes Quais du Fleuve vous proposent des liens vers les blogs de mes amis, des blogs ou des sites que je vous recommande, ainsi que des sites utiles pour les centres d'intérêt que nous évoquons ici. Les Ambassades correspondent aux communautés dont je fais partie.



pharaoh-db.gifL'en-tête Ahlan wa sahlan, vous présente le blog, dont il forme l'introduction, mais il vous informe aussi des nouveautés, des projets et des thèmes qui vont être abordés ou des sujets en préparation.



lion-db.gifDans la bibliothèque, vous pourrez fouiller à la recherche d'un sujet qui vous intéresse. Il vous suffit de taper un mot-clef correspondant à votre recherche.


ra-db.gifEnfin, l'inscription au papyrus express vous permettra de recevoir des nouvelles du blog et d'être tenus informés des publications.






akhenaten.gif





Si vous le souhaitez, n'hésitez pas à me contacter en cliquant sur la figure d'Akhenaton ci-dessus, ou tout en bas de page sur "contact". Je mets parfois du temps à répondre, en fonction de mes activités, mais je réponds toujours. Et je suis ouvert à toute proposition et ravi de mettre à profit toute remarque. Dans Beyt Kaaper, l'humain prime sur le virtuel.


Photos, textes et documents sont là pour être partagés. Le clic droit n'est pas verrouillé et vous pouvez copier les illustrations et les textes. Beyt Kaaper se veut un lieu d'échanges, c'est une valeur fondamentale du projet. Si vous utilisez une partie d'un article ou des illustrations pour votre propre site web, c'est avec cet esprit de partage que Beyt Kaaper en sera honoré ; pour les citations d'articles, pensez à mentionner cependant la provenance et contactez-moi de façon à ce que nous établissions des liens afin de favoriser les échanges ; n'ayez crainte, je tiens Abu l-hool en laisse, vous ne risquez rien ! 

Bonne promenade
dans les Horizons
de Beyt Kaaper !










Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Profil

  • : Kaaper Nefredkheperou
  • horizons-d-aton
  • : Homme
  • : France Toulon Provence Var
  • : Je suis avant tout un passionne, curieux de tout dans l'esprit des humanistes d'autrefois, avec une eternelle soif d'apprendre non pas pour moi seul mais pour le partager. J'aime avant tout l'aspect humain des choses, les echanges et les rencontres h

Image éphémère